Le groupe rock progressif Kaos Moon présentait The Goldfish au Bar Le Tapis Rouge de Saint-Jérôme le 15 novembre. Le quatuor de musiciens a su offrir toute une performance et la salle bien remplie démontrait un grand intérêt pour cette formation et leur style musical.

 

Découvrir Kaos Moon, ce groupe rock progressif qui existe depuis 1983. Il est composé de Bernard Ouellette à la voix, claviers, guitare et instruments, Éric Bonnette à la guitare électrique et au back vocal, Éric Portelance à la basse, ainsi que Magella Cormier à la batterie. Ils venaient présenter leur troisième et plus récent album The Goldfish (2024), ainsi que certaines pièces de leurs précédents, avec After the Storm (1994) et The Circle of Madness (2004). La composition des paroles et de la musique porte la signature de Bernard, mais lors des enregistrements, ils font les arrangements en équipe. Ce dernier a fait des tournées avec les deux Éric ci-haut nommés et par la suite ils ont rejoint Kaos Moon. Quant à Magella qui a collaboré sur leur deuxième album, il partage une complicité depuis plus de 20 ans avec Bernard.

 

Le menu de la soirée

En introduction, les excellents instrumentistes nous offrent Goldfish, suivi de Noisy Shoes et de Loggers Tale qui sont extraits de leur dernier-né. Cette dernière création est en quelque sorte une traduction de la légende de la chasse-galerie, nous explique Bernard. Ainsi ils mettent la table pour une soirée où la musique atteint un haut niveau de performance avec l’expertise propre à chacun. On entre avec plaisir dans l’univers de ce band où l’on ressent un grand investissement à travers leur parcours. Avec Crawl tiré de leur deuxième disque, on y découvre la voix de Bernard en tant que chanteur, un côté givré que l’on connait un peu moins de lui. Comme beaucoup le savent, il est le directeur général et artistique chez Diffusions Amal’Gamme, où de nombreux concerts sont présentés à la salle Saint-François-Xavier de Prévost.

 

Mais ce soir avec ses complices il nous transporte ailleurs! Avec After The Storm de l’album du même nom, Bernard me raconte « suite à une tempête de neige, on a enregistré toutes les chansons durant la nuit. Ce qui est inusité c’est qu’on avait déjà donné ce titre au préalable et qui se traduit : après la tempête ». Ils poursuivent avec notamment The Waves, une de leurs pièces les plus populaires, car elle fut internationalement la plus écoutée. Bernard l’a écrite en pensant aux gens qui avaient des problèmes de toxicomanie. Suite à cela, on réalise que ce genre de musicalité peut également brasser les émotions. Bernard m’a gentiment expliqué que le rock est plus global avec souvent de la guitare électrique, tandis que le rock progressif est plus complexe au niveau des structures et il y a de la métrique qui organise le flux sonore d’un morceau.

 

Une performance très réussie!

Le spectacle tire à sa fin et avec Vision, qui est tirée de leur premier album, il est question de dédoublement de personnalité. On ne reste nullement sur notre appétit, car Magella offre un solo de batterie comme nul autre. C’est époustouflant! Quel privilège de pouvoir entendre ces artistes dont la discographie est distribuée et entendue dans une trentaine de pays, dont la France, la Belgique, le Japon et les Pays-Bas. D’ailleurs, The Goldfish est considéré comme l’un des 10 meilleurs albums de rock progressif 2024 (selon le DRP.Net Pays-Bas).

 

Bernard signale la présence de Christian Marc Gendron, le si talentueux Piano Man. Il a notamment fait partie de Kaos Moon dans les années 90 en tant que claviériste et chanteur. Ce soir-là, le papa de Bernard, qui est âgé de 87 ans, n’a pas manqué de jeter un regard rempli de fierté envers son fils. Les musiciens de Kaos Moon savent se démarquer et on peut parler d’une certaine analogie entre les emblématiques groupes du rock progressif dont Pink Floyd et Genesis font partie. Des spectacles sont prévus à Montréal et Québec en 2026 et un quatrième album est en cours de production.

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