Vision et mythologie

La vie est courte alors il faut en profiter. Il n’y a pas de doute que cette maxime, qui date sûrement du temps de Mathusalem (l’homme le plus âgé de la Bible soit 969 ans) semble être une vérité de La Palice (Jacques de Chabanner, marquis de La Palice qui énonçait, dans de nombreuses occasions, des affirmations totalement évidentes).

 

Comme on tente de vivre sa vie pleinement, les sensations immédiates et les résultats à court terme, parfois à moyen terme, sont les panacées (produit antique et hypothétique réputé actif contre les maladies) qui sont recherchées par la plupart des individus formant la société contemporaine. Je suis médusé de voir que nous avons de moins en moins d’objectifs de société à très long terme qui permettent de lier les gens vers un but commun. Oui il y a quelques exceptions (comme remarcher sur la Lune, vivre sur la planète Mars, finaliser le REM, recyclage total du plastique) qui sont, en fait, des travaux de Titan et qui exigent que l’on soit riche comme Crésus (roi d’Asie Mineure immensément riche) ou prêt à toucher la Pactole (rivière antique qui désignait une source de richesse) afin de réaliser ces projets. « Il est bon d’avoir un objectif plus grand que soi », nous a dit Philip Kerr, car il est trop facile de repousser ces travaux aux calendes grecques (date fictive de remboursement de dettes insolvables dans l’Antiquité).

 

Je ne tente pas d’ouvrir une boîte de Pandore (divinité antique qui conservait une jarre d’où s’échappèrent tous les malheurs du monde, que l’on ne voulait évidemment pas ouvrir) ou chercher à vous endormir en vous précipitant dans les bras de Morphée (divinité de rêves prophétiques) ou même vous perdre dans un Dédale (créateur d’un labyrinthe légendaire pour lutter contre le Minotaure), mais il n’y a pas de doute qu’entrevoir des réalisations à long terme est une tâche difficile. « Une vision sans action n’est qu’un rêve. L’action sans la vision ne mène nulle part. Une vision accompagnée de l’action peut changer le monde », a dit Loren Eiseley. Manquer de vision est comme une épée de Damoclès (roi des orfèvres. Danger constant qui peut vous frapper) et peut devenir notre talon d’Achille (grand guerrier troyen malgré sa force herculéenne meurt d’une flèche au talon) si on ne cherche pas à envisager un meilleur avenir.

 

Il faut se garder un calme olympien (une patience digne des dieux de l’Olympe) et il ne faut pas que la vision soit comme le rocher de Sisyphe (qui devait pousser une immense roche au versant d’une montagne : une tâche qui ne finit plus de durer) ou devenir un supplice de Tantale (fils de Zeus, il devait endurer la faim et la soif pour l’éternité), mais plutôt une entreprise qui envisage des jours meilleurs. « Tous ceux qui ont accompli de grandes choses avaient un grand but, ils ont porté leur regard sur un objectif élevé, celui qui semblait parfois impossible », a énoncé O. Marden. Soyons des visionnaires.

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