Incomprise, répudiée, mal-aimée et pourtant une si grande alliée! Véritable colonne vertébrale du vin, croyez-le ou non, le plus fréquent défaut œnologique lié à l’acidité… est d’en manquer! Si bien que nombre de cuvées s’en voient rajouter (de l’acide tartrique by the way!) pour venir les équilibrer et les balancer. Et qui dit acidité, dit fraîcheur et vivacité, par opposition à lourdeur et massivité. Pour vous y convaincre, pensez câpres et citron dans un tartare de saumon. Sans eux, point de plat, tout s’effondre, ça ne serait que riche et gras. Idem pour le vin! L’acidité fait saliver et donne envie de la prochaine gorgée. Ce mois-ci trois vins où l’acidité est érigée en véritable pilier et sur lesquels ils sont bâtis. À vos verres mes amis!

 

Grains de Roy, Cave de Crouseilles, Pacherenc du Vic Bilh AOC, Sud-Ouest, France, 2018, 17,35 $, 13028192

Oh que ça fouette cette cuvée! De l’acidité dans le tapis, de la papaye, de la goyave et de l’orange à s’en lancer, le tout bercé par une rondeur et une onctuosité venant tout envelopper. C’est frais, c’est riche et c’est bon! Ça se tient et ça grise et même un peu défrise. Et ça nous emmène au large, tâter le crustacé, le mollusque et le poisson. En tartare, rôti, frit, de toutes les façons! La haute acidité comme clé d’entrée. Comme soif à sustenter et de la mer se régaler!

 

 

Le Pianette, Fattoria Fibbiano, Toscana IGT, Italie, 2016, 17,65 $, 13675576

La semaine passée sur moi la foudre est tombée. J’avais bien lu les critiques, les avis dithyrambiques, même si souvent je m’en méfie, comme on dit, faut parfois le boire pour le croire. Chose ainsi faite, au concert d’éloges j’ajoute ici ma voix et du plus fort que je peux, le crie sur tous les toits! Mais quelle aubaiiiine!!!! Framboise et cerise à l’attaque, du cuir et de l’épice en relai et de la fleur en clôture. La fraîcheur et l’acidité bien marquées des bons sangio, concis, bien mis, juste ce qu’il faut, rien de trop. Une vraie blague qui vaut à peine 17 $, vraiment, j’ai encore du mal à y croire…

 

 

Villadoria, Barbaresco DOCG, Piémont, Italie, 2017, 26,85 $, 13436751

Barolo et Barbaresco, comme frère et sœur, presque des jumeaux. Dans la hiérarchie bien garnie des vins du Piémont, ils sont tout en haut, au sommet, en pole position. Et qui dit prestige en paie presque toujours le prix, exception faite ici pour celui-ci! Vif est mon souvenir de la première fois, sur 2014, que je l’ai dégusté. À l’aveugle, comme un pro, facile, Barolo ou Barbaresco, bingo! Mais combien maintenant en dollars ? Vu mon régal, je priais sans conviction qu’il soit sous la barre… des 50 $. La moitié moins au dévoilement m’annonça-t-on qu’il coûtait et fallait voir mes deux bras qui tombaient! Depuis ce temps, je l’avoue, je suis vendu, devenu fan, presque groupie. Je frétille même juste à y penser! De la cerise en quantité, une acidité tendue, mais bien dosée, un côté truffé, un boisé bien intégré et une trame tannique à peine serrée, mais satinée. Un véritable cadeau! Avis aux fans de Barolo/Barbaresco, précipitez-vous tout de go! Pronto! et presto!

 

En cette dernière chronique de 2020, je vous annonce que Qui boira verra! prendra une pause pour les prochains mois. La pandémie ayant eu raison de mes nombreuses dégustations, il devenait pour moi de plus en plus difficile d’élaborer mes chroniques comme je l’entendais. Un jour, et très bientôt j’espère, viendra le moment de l’Après et de retour au poste je serai. En attendant, portez-vous bien, faites-vous plaisir et buvez du bon vin! À juste dose, un fabuleux remède à l’ennui et un doux réconfort au temps qui fuit… Entracte, rideau, au plaisir et à bientôt!