Dans les années 90, je suis invitée au mariage de mon associée de l’époque, Cristina, espagnole de naissance. Ce sera une noce à l’italienne,car elle épouse Charlie, un bel Italien. Ce mariage sera célébré en grand à la Cathédrale Marie-Reine du Monde, rue Dorchester, nommée plus tard boulevard René-Lévesque. Nous sommes nombreux et impressionnés de nous trouver dans cette belle grande église. La mariée, en beauté, fait son entrée au bras de son père. Et Charlie, ému, l’attend au pied de l’autel. Tout le monde est attentif durant la cérémonie et a hâte d’entendre le OUI, je le veuxofficiel. Le mariage se déroule parfaitement et à la sortie de l’Église, un beau soleil resplendissant nous sourit. Et nous voilà tous en route pour la noce.

Direction île Notre-Dame

Cristina et Charlie ont réservé une salle au pavillon de Francesur l’île Notre-Dame. (Construit pour l’exposition de 1967, il accueille maintenant le Casino de Montréal.) Le cocktail de bienvenue nous est servi dans les jardins du pavillon. Tous les invités sont emballés : la vue du fleuve et de Montréal au loin est époustouflante. Un très bel endroit pour une noce. Les mariés sont beaux, souriants et nous invitent à les suivre au 5e étage du pavillon pour la suite de la noce. C’est grandiose!

La famille italienne, assez nombreuse, occupe plusieurs tables et nous, les amies et amis québécois, ensemble, nous sommes regroupés aux autres tables. Et à la table d’honneur, bien en vue, ornée de fleurs, Cristina et Charlie se lèvent pour un premier toast! On applaudit les mariés et commence alors le repas de noces. L’entrée nous est servie d’abord. Tout se déroule normalement. Ça jase, ça déguste, ça rit. Et on trinque à l’amour!

Après l’entrée, un temps d’attente infini

Cette entrée est délicieuse, on a hâte à la suite… On attend gentiment… On jase de tout et de rien… C’est long, très long pour la suite du repas. Et voilà que Cristina se lève. On imagine pour embrasser son époux, le beau Charlie. Mais non, elle demande à tous le silence. On est perplexe. Que se passe-t-il? Cristina nous annonce très calmement que la suite du repas nous sera servie plus tard!

Oh là là! Le traiteur, avec cette suite du repas, est pris dans le trafic du pont Jacques-Cartier en ce samedi après-midi! PAS DE PANIQUE! Pour combler ce contretemps, Cristina propose « un bar ouvert » pour tout le monde! Les Italiens sont plutôt décontenancés. Ils aiment la bouffe et attendre ce fameux repas ne fait pas leur affaire. Par contre, nous, la gang de Québécois, on en rit et on accepte volontiers quelques verres de vin de plus.

Enfin, le repas est servi

Une heure ou deux plus tard, le plat principal, filet mignon, brocoli et fioriture, est sur la table. Mais c’est tiède, presque froid. C’est désolant, mais la faim prend toute la place et on déguste s’en trop s’en faire. Sous l’emprise de l’alcool, car on a bu plus qu’il ne faut, c’est quand même la rigolade. Et Cristina et Charlie font le tour des tables pour nous saluer, nous consoler et nous inviter à danser sous la musique d’un bel orchestre. Le gâteau de noces, énorme et en hauteur, prône sur une table, entouré de mignardises et le café est bienvenu. Pour se dégriser un peu.

La noce se poursuit!

L’ambiance est toujours à la fête. La musique fait virevolter la belle robe blanche de la mariée. Le marié fait danser les demoiselles, on attrape le bouquet… et cette noce à l’italienne est finalement un succès qu’on n’oubliera pas de sitôt!

Les heures passent et, dans la nuit, je quitte cette belle soirée sous une pluie diluvienne qui fait briller l’asphalte du stationnement. Pour sortir de l’île, il faut emprunter la piste Gilles Villeneuve… où j’ai de la difficulté à trouver la sortie. Il fait noir, il pleut, le sol est brillant et je fais au moins trois fois le tour de cette piste. Toute une finale pour moi qui s’est amusée toute la soirée.

Cristina, le lendemain, a annulé le paiement au traiteur retardataire. Celui-ci, de bonne foi, a bien compris son désarroi. Tout est bien qui finit bien! Longue vie aux mariés!