Croyez-moi, c’est une histoire vraie! Ça s’est passé le mois dernier. Mon voisin Jacques, citoyen de Saint-Hippolyte, possède une propriété sur le bord du lac en Cœur. Chaque année, à l’approche de Noël, il retrouve son âme d’enfant.

 

Au cours de cette période, il décore frénétiquement tout ce qui entoure sa demeure. On y trouve ainsi des Pères Noël, une fée des étoiles, des maisonnettes enneigées, un renne tirant un Père Noël englouti dans sa carriole et de nombreux sapins coiffés d’ampoules multicolores et de voluptueuses boules de Noël givrées à point. Par sa propension à garnir généreusement son environnement, avant l’arrivée des grands froids, mon ami Jacques a eu la brillante idée de décorer un beau cèdre naturel, solidement enraciné sur le bord du lac. Orné de lumières et autres artifices, ce dernier trône fièrement devant sa fenêtre.

 

Son travail achevé, il quitte les lieux pour quelques jours. À son retour, c’est avec stupéfaction qu’il réalise que son arbre, élégamment vêtu de tous ses apparats, a complètement disparu du paysage. Il ne lui aura fallu qu’un bref coup d’œil pour constater qu’il s’agissait de l’œuvre d’un castor délinquant. Les castors ne sont généralement pas friands des cèdres (le thuya de son vrai nom). Il semble qu’ils pourraient l’utiliser afin de consolider la hutte et non pour se nourrir au cours de l’hiver.

 

Une enquête s’impose

Afin d’apporter tout l’éclairage voulu sur un méfait à la fois osé et irrespectueux, trois castors ont été désignés pour mener l’enquête, soient : castors Gilles, Henri et Bernard; on apprend ainsi, qu’à son retour à la hutte, le coupable a été mal accueilli par ses congénères, on l’aurait même traité « d’illuminé ». Toutefois, après de vives discussions, la meute s’est ravisée et le tout s’est terminé en dérision.

 

Rapport d’enquête

Castor Gilles :

Dans le respect des compétences de chacun, trois rapports ont été déposés. Après avoir observé soigneusement la scène du crime, relevé les traces laissées au sol, ainsi que les empreintes dentaires, ciselées au bout du tronc résiduel, ce castor, obsédé par la mécanique automobile, affirme sans hésitation que le coupable est un castor à traction arrière.

Castor Henri :

Diplômé en art cinématographique et inspiré par le film pour enfants « Le sapin a des boules », ce dernier s’en est tenu à une proposition sans effet sur la résolution du problème en suggérant un nouveau scénario de film ayant pour titre : « Le cèdre a perdu ses boules ».

Castor Bernard :

Considérant les nombreux délits commis par les castors autour du lac, ce dernier, ancien policier plus ou moins fiable, affirme avec conviction que l’on a affaire à un castor « tueur d’arbres » en série. D’une grande sagesse, il ajoute que l’on devrait se comporter comme les humains qui salivent à l’odeur d’une belle pizza toute garnie et d’accueillir avec joie un cèdre « all dressed ».

 

Histoire à suivre au printemps, à la fonte des glaces!