Sous pression avec Louis Morissette

C’est le 1er mai que le très attendu Louis Morissette revient pour une troisième fois au Théâtre Gilles-Vigneault. Profitant d’une grande popularité, cette salle laurentienne affichait complet pour sa venue. Artiste et homme d’affaires aux multiples talents, il revisite les pans charnières de sa vie pour notre plus grand plaisir.

Christophe Dupéré en première partie

En attendant que Louis fasse son entrée, c’est l’humoriste Christophe Dupéré qui vient réchauffer la salle. Natif de Sainte-Thérèse et autodidacte, son aisance sur scène nous démontre qu’il exploite l’humour depuis quelques années, même s’il nous avoue à la blague que ce n’est pas une source de revenus. Il nous raconte de belles anecdotes concernant ses parents, son enfance et sa vie de couple.

Comme son étonnement quand ses parents ont décidé de vendre la maison où il a grandi. Selon lui, cela ne se fait pas, mais ils lui ont dit que la chambre avait un vice caché et que c’était lui (rires). Avec une maladresse attachante, il nous explique qu’il peut arriver à un tapis rouge vêtu d’une salopette, ou qu’il échappe tout lors d’un déménagement, etc. Pendant plusieurs minutes, il nous démontre sa facilité à communiquer avec le public qui réagit favorablement à ses blagues. Sa façon de nous faire visiter son univers laisse présager un avenir prometteur pour cet humoriste qui récolte de chaleureux applaudissements.

Avant que Louis ne fasse son entrée, une vidéo est commentée par la chroniqueuse et animatrice Guylaine Guay. Elle nous présente le projet de la troisième maison adaptée pour adultes autistes de la Fondation Véro et Louis qui ouvrira ses portes à Saint-Jérôme. Au fil du temps, un lien d’amitié s’est tissé entre eux et Guylaine s’exprime sur l’ampleur de ce projet qui a vu le jour grâce notamment à l’implication de Véronique Cloutier et de Louis Morissette.

 

L’authentique Louis Morissette

Ce dernier génère de chauds applaudissements dès qu’il apparaît sur la scène du TGV. Aucun décor superflu ne l’entoure, car à lui seul il sait capter notre attention pendant près de deux heures. La mise en scène est signée Pascale Renaud-Hébert. Avec ce premier spectacle solo, Louis mentionne s’être fait un cadeau pour ses 50 ans, même si ce fut un défi lors de l’écriture.

Une biographie scénique

D’entrée de jeu, Louis affirme « La vie c’est un manège, le vertige te pogne rendu en haut! Pourquoi on court? », ainsi le ton est lancé, par celui qui avait cofondé Les Mecs Comiques en 1996 avec Alex Perron et Jean-François Baril. À l’écouter se raconter, on devient le témoin de sa vie auprès de Véro et de tous les hauts et les bas qu’ils ont vécu. Car oui, il y a eu des pentes descendantes pour chacun d’eux. Cette présentation humoristique est unique en son genre, car on a l’impression d’être convié à un « talk-show » où celui qui dirige l’entrevue s’occupe également des réponses. Louis y va de son humour parfois grinçant avec une autodérision qui plaît bien au public.

 

Le petit gars de Drummondville nous parle de sa jeunesse auprès de son père qui ne croyait pas qu’il gagnerait sa vie en humour, de ses études en commerce international, de sa sœur Ève qui est handicapée. Louis est un grand travailleur, d’où sa réussite, mais cela a aussi eu des impacts tant sur son bien-être mental que physique. Il nous dit « on a tous des moments où l’on apprend de nos forces, de nos faiblesses et on développe des dépendances. La société nous montre que d’être workaholic c’est correct ». Ces paroles remplies de sagesse nous indiquent qu’à toujours vouloir performer cela peut mener à un certain épuisement professionnel. De manière humoristique, il nous décrit quelques anecdotes découlant de cette dépendance reliée à son métier. Certains passages déclenchent ainsi l’hilarité parmi l’assistance.

 

Louis et Véro et encore plus…

Dès le début de leur fréquentation en 2001, Véro et Louis ont fait la « une » des journaux tels que Le Lundi, Échos Vedettes pour ne citer que ceux-là. Chacune des revues de presse est rattachée à des événements de leurs vies. Leurs succès, leurs revers, les bonnes et mauvaises critiques, la naissance de leurs enfants, etc. Louis nous énumère avec précision chacune des sphères de leur vie commune en y ajoutant des détails parfois assez inusités qui appellent au rire.

 

Il nomme les choses comme on les connaît et parmi les succès il y a eu le spectacle Les Morissette de 2014 à 2017 attirant ainsi plus de 250 000 spectateurs. La populaire série télévisuelle C.A. qui fut présentée de 2006 à 2010 fut créée par Louis. En 2011, il fonda KO1 une entreprise comptant plusieurs divisions reliées à la culture québécoise. Il poursuit en nous relatant certains épisodes moins glorieux bien connus des gens. Par exemple quand on pense au fameux Bye Bye de 2003, d’où la perte de son contrat chez Québecor pour une téléréalité ou l’émission VIP qui n’a pas connu le succès escompté. Avec le courage du cœur, Louis nous ramène au moment de l’arrestation de Guy Cloutier, le père de Véronique. Cet événement aura changé le cours de l’existence pour lui et sa famille.

 

La force de l’humour

Louis est doté d’une force intérieure et c’est un battant et par ses propos on le comprend de s’être relevé encore plus fort de ces épreuves. Celle qui partage sa vie depuis plus de 20 ans, son alter ego c’est Véro. Comme Louis le dit si bien « On travaille ensemble, on a traversé des tempêtes ensemble. Je ne peux pas parler de ma vie et de mes enfants sans la nommer ». À la fin de la représentation, l’ovation offerte à cet artiste multitalentueux vient confirmer qu’il a eu une bonne idée de se livrer ainsi et qu’il n’en sera pas K.-O. pour autant.

 

  1. 1. Louis est à la tête des Productions KOTV, fondé en 2011.

Pour infos : theatregilles-vigneault.com

Photo : gracieuseté