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Si aujourd’hui pour demain… on choisissait de…

Apportez votre téléphone et des écouteurs

Dans la salle multifonctionnelle de la bibliothèque, on pourra bientôt découvrir une exposition de photos sonores. Que répondre à des questions comme Si aujourd’hui pour demain… on laissait le vivant vivre, … on se rencontrait, … on s’émerveillait, … on façonnait l’avenir, … on refaisait l’histoire? Des villes du Québec se sont interrogées. Les photos sonores sont un concept inédit, imaginé et développé par les artistes multidisciplinaires Philippe-Emmanuel David et Angèle Courville. Le vernissage de cette production se tiendra le jeudi 16 avril de 17 à 19 heures. L’expo sera à l’affiche jusqu’au 2 juin.

Genèse

Au début de 2021, au sortir de la pandémie, les deux artistes voulaient remettre un peu de joie dans les cœurs. Creuser les pistes d’espoir et de positivisme qui pourraient poindre à la suite de la Covid. « On se disait : si aujourd’hui pour demain, il arrivait ça. Comment serait le monde? »

Il en est résulté deux versions du projet

La première les a amenés à travailler avec 22 villes différentes. Cette édition du projet a atterri à l’Assemblée nationale à la fin de son parcours. La deuxième tournée a été faite avec de nouvelles villes en grande majorité. C’est cette exposition qui sera présentée à Saint-Hippolyte après avoir été récemment exposée au Musée de la civilisation de Québec. Au total, 42 villes ont adhéré au projet.

Si aujourd’hui pour demain

Le même début de phrase était proposé, Si aujourd’hui pour demain.Chaque ville complétait la question en proposant sa propre thématique. C’est la deuxième partie de la phrase qui donne une nouvelle déclinaison à chacune des œuvres. Elle permet d’aborder des thèmes différents. Val-d’Or, par exemple, a choisi Si aujourd’hui pour demain… on donnait à chaque arbre un nom. La photo et la bande sonore ont été créées en fonction des forêts boréales de cette région, des forêts protégées. Saint-Jérôme, de son côté, a posé une question en lien avec sa nouvelle politique culturelle, Si aujourd’hui pour demain… on imaginait.

Processus de création

Philippe-Emmanuel et Angèle ont parcouru le territoire du Québec pour emmagasiner des photos et des sons. Les photos, uniformisées, sont carrées et présentées en noir et blanc. Choix réfléchi. « Pour la plupart des personnes, les yeux prennent le dessus sur les oreilles. N’avoir qu’un enregistrement audio, ça aurait été un frein pour la majorité des gens. La photo a pour rôle d’apporter un support visuel », indique Philippe-Emmanuel. L’accent est mis sur les arrangements sonores. L’audio est le résultat d’un échantillonnage enregistré sur le terrain. Il peut s’agir de sonorités verbales, d’ambiance ou musicales. Le cadre sonore est entièrement composé à partir des sons puisés sur chaque territoire en fonction de chaque thématique. Un bon exemple, à Saint-Georges de Beauce, ils ont capté beaucoup des sons dans une usine pour créer une ambiance techno industrielle qui était en lien avec la question choisie par cette municipalité.

Son et +

L’audio est hébergé sur une plateforme web accessible par code QR avec un téléphone. Elle donne accès au son, mais aussi à du contenu supplémentaire. De petits micro balados de deux minutes chacun, expliquent les trois volets de chacune des œuvres : la question qui définit le thème, la photo qui donne une partie de la réponse et le son qui vient la compléter. Ces balados assurent une visite en toute autonomie.

De belles initiatives représentatives

« On avait une volonté de représentativité territoriale en choisissant les villes qui avaient indiqué leur intérêt à participer au projet. Ce n’est pas parce qu’une ville est petite qu’elle n’a pas de bonnes initiatives. Ça faisait partie du plaisir de la création de nous-même découvrir des choses incroyables qui se faisaient un peu partout au Québec. » Philippe-Emmanuel cite en exemple Chelsea, qui « a un transport actif complètement incroyable par rapport à la taille de la ville ».

Dernière chance

« Saint-Hippolyte est le dernier endroit où nous présentons Si aujourd’hui pour demain. Ça représente un beau symbole pour moi qui ai habité sur le chemin des Buttes de mes six mois à mes 18 ans », signale Philippe-Emmanuel.

Des chiffres

Les œuvres créées par ces artistes sont le résultat d’une quête visant à faire connaître les meilleures pratiques sociales, culturelles et écocitoyennes au Québec. « Les deux itérations de ce projet ont sillonné 15 régions du Québec au cours des quatre dernières années. L’exposition a été présentée dans plus de 50 villes, incluant une incursion sur le Vieux Continent, à Annecy, en France. Plus de 300 000 personnes l’ont vue aux quatre coins de la province. »

C’est maintenant à notre tour de découvrir l’aboutissement du travail artistique d’un petit gars de chez nous et de sa conjointe.