Dans le but d’en savoir plus concernant Korine Côté, j’ai eu le plaisir d’échanger avec elle avant sa prestation. Charmante, authentique et drôle tout à la fois, voilà ce qui définit bien cette personnalité reconnue.

M.T. Tu es diplômée de l’École nationale de l’humour depuis 2006. Désirais-tu être humoriste depuis toujours et pourquoi?

K.C. Quand j’étais plus jeune, je voulais plus être comédienne, et ce, même si j’aimais beaucoup l’humour, car je croyais que ce n’était pas un métier accessible. C’est au cégep que je me suis rendu compte que c’était possible et j’ai tout de même continué mes études en design de présentation. J’ai travaillé dans ce domaine, je n’étais pas payée très cher et je vivais chez mes parents. J’avais le choix entre me trouver un travail d’accessoiriste de cinéma, ce que je voulais faire au début ou sinon je m’essayais à l’école de l’humour. Et quand j’ai été prise à l’école, j’étais vraiment contente, ce fut un changement de vie total.

M.T. Selon toi, quelles qualités un humoriste doit avoir pour durer?

K.C. Il faut être travaillant! Tu peux avoir le plus gros talent du monde, si tu ne travailles pas, ça ne fonctionnera pas. Il faut écrire des nouvelles choses, il faut pratiquer, apprendre des textes pour des trucs de télé, etc.

M.T. Tu dois être fière de voir que de plus en plus de femmes se tournent versce métier au Québec?

K.C. Oui, vraiment, car il y en avait moins quand j’ai commencé. Moi, la première qui m’a impressionnée, c’est Dominique Michel à cause des Bye Bye. Elle ne faisait pas de stand-up, mais pour moi, l’humour c’est large. J’aime beaucoup Cathy Gauthier aussi, j’écoutais ses capsules à la radio. Je suis contente qu’il y en ait encore plus, car cela démocratise le tout. Les gens critiquent moins. Avant, on entendait « une fille c’est pas drôle », alors quand je faisais un numéro qui marchait moins bien, je me plantais pour toutes les filles.

M.T. Donc c’est plus difficile pour la gent féminine?

K.C. Ce l’était. Maintenant qu’il y en a plus, tout le monde est pas mal égal. Donc, si tu te plantes, tu ne plantes pas un sexe au complet, tu te plantes toi-même… (rires)

M.T. Est-ce plus exigeant qu’il y a 20 ans?

K.C. C’est plus facile à ce niveau-là, être une femme, c’est vraiment plus simple. Personnellement, j’arrive avec des sujets que je n’aurais pas parlé il y a 15 ans…mais maintenant, peut-être parce que je suis plus vieille, je m’en sacre (grand rire). Avant on identifiait plus les sujets de filles, alors que maintenant ce sont des sujets tout court. C’est moins compliqué et les gens sont plus ouverts.

M.T. Qu’est-ce qui inspire ton écriture?

K.C. Ma vie. Ça peut être un sujet de base comme une anecdote dans un restaurant. J’ai aussi un numéro complet sur la sexualité des araignées et des mille-pattes (nous rions ensemble). J’avais entendu un podcast qui parlait de mille-pattes, alors j’ai fait des recherches et cela a éveillé quelque chose, et ce n’est pas personnel (rires) et je parle aussi de mon fils.

M.T. Que préfères-tu entre animer, écrire, faire de la radio ou être en spectacle?

K.C. J’aime tout et d’ailleurs, je débute à la radio Énergie dans deux semaines avec Patrick Groulx et Andrée-Anne Brunet sur l’heure du lunch. Avec la scène tout est en direct, on a toute la liberté. À la radio tu es dans un huis clos avec des amis et tu es dans les autos des gens, dans leur vie personnelle. Tandis qu’à la télé, tu es dans le salon. Chaque chose a sa beauté. Je suis en train d’écrire pour éventuellement un nouveau show, mais je ne sais pas ce sera quand.

M.T. Qu’est-ce que la jeune Korine dirait à celle que tu es aujourd’hui?

K.C. Fais-toi plus confiance. Je suis quelqu’un de lent dans la vie en général. Dans ma carrière je n’ai pas eu une ascension fulgurante, c’est correct, car cela m’a fait des bonnes bases. Je fais beaucoup de choses à part la scène, j’écris pour d’autres humoristes et pour la télé. J’aime travailler en arrière et aussi le volet artisan de tout cela me plaît.

M.T. Comment te prépares-tu avant d’entrer sur scène?

K.C. Cela dépend, pour un show de rodage, c’est certain que je regarde beaucoup mon  texte. Mais comme pour ce soir, je peux prendre un peu de tout, un peu de choses moins récentes. Je me fais un genre de plan avec l’ordre de mes numéros et je calcule le nombre de temps et si je peux, je vais me pratiquer un peu. J’ai déjà un texte d’écrit pour ce que je vais faire.

M.T. Ce soir tu vas clôturer notre évènement. Quelles sont tes impressions pour cette première visite?

K.C. C’est super beau comme endroit, le parc, la bâtisse. Puisque c’est dehors, c’est familial, alors c’est certain qu’il y a des jokes que je ne ferai pas. Je veux bien essayer des nouvelles choses, mais si c’est trop délicat, je vais les garder pour une autre fois. On est tous là pour s’amuser.

Korine a gentiment accepté de répondre à quelques questions éclair

Qu’est-ce qui te fait rire.

Beaucoup de choses, je suis un très bon public. J’aime beaucoup le niaiseux parce que je ne me pose pas de questions.

Ce qui te fâche.

Les gens qui ne pensent pas aux autres.

Ce qui te rend triste.

Le soir, tout me rend triste, une publicité peut me rendre très triste (grand rire).

Un souvenir d’enfance marquant.

Avec ma mère, on s’en allait au parc Angrignon à Montréal et j’étais dans le siège d’enfant. Avant d’entrer au dépanneur, elle a mis le vélo sur le support et elle m’a dit « ce sera pas long je reviens ». Quand elle fut à l’intérieur le vélo a penché tranquillement et je me suis retrouvée par terre. Ma mère a paniqué, mais il ne m’est rien arrivé puisque je tombais doucement. On a continué notre randonnée. Maintenant je lui rappelle en riant « tu l’as échappée cette journée-là, hein maman » et elle me dit « oui ». Je le lui remémore souvent d’ailleurs (en riant).

Ton repas préféré.

C’est difficile, car j’aime tout et j’aime manger.

Ton livre de chevet.

J’ai jamais le temps de lire quand j’écris beaucoup. Mais je suggère Replay de Ken Grimwood.

Ta plus grande fierté en tant que femme.

Être indépendante de tout! J’ai ma maison que j’ai achetée et mon auto aussi. Ma fierté de femme c’est d’être 100 % indépendante et je suis très bien seule avec mon fils et mes parents. Je l’ai bien bâtie cette indépendance-là.

Une chanson en boucle.

Simply The Best de Tina Turner, je ne peux pas l’écouter juste une fois quand elle passe. C’est trop bon!

Quel humoriste (n’importe où dans le monde) t’impressionne et pourquoi?

C’est Maria Banford, une humoriste américaine qui est plus qu’excellente. Elle a eu de graves difficultés mentales et elle en parle en show. Elle imite les voix de gens parfaitement et elle est très drôle.

Un film que tu écouterais sans cesse.

C’est Dirty Dancing, qui va rester un classique que je vais toujours aimer. Quand j’entends la trame sonore je sais exactement ce qu’ils sont en train de faire et à la note précise.

Chat ou chien?

Chien. Je n’en ai plus, mais j’en ai eu longtemps. Après cela j’ai eu un lapin. Et Henri mon fils aime bien cela aussi.

Ce fut très agréable de partager ces moments avec Korine. Cette artiste singulière nous démontre son sens inné pour le comique et à son contact on ressent son intérêt véritable pour les gens. On a bien hâte de la revoir sur une scène!