
Houle, Jacques, avec la collaboration de Madeleine Nadeau Tanguay, Les premiers Canadiens. Histoire des Canadiens français du Québec, Tome 1, De la Nouvelle-France à la révolution de 1837-1838, Éditions Liber, novembre 2024, 270 pages.
Un beau cadeau de Noël pour tous les jeunes fiers d’être Québécois. Une lecture passionnante pour réapprendre notre belle histoire. Le livre de Jacques Houle, Les premiers Canadiens. Histoire des Canadiens français du Québec. De la Nouvelle-France à la révolution de 1837-1838, se lit facilement, le propos est enlevant et positif.
Ceux qui s’identifient comme Québécois actuellement peuvent être fiers de leur histoire. Nos ancêtres n’étaient pas des immigrants. Ils ont tout simplement quitté une province de France, dans le cas de mon ancêtre, la Champagne, pour venir s’établir dans une autre province, la Nouvelle-France. Nos ancêtres voyageaient librement dans leur pays, entre les provinces de France. Ils n’ont jamais demandé d’abandonner leur nationalité française. De l’origine, en 1600, nous nous étions identifiés comme les Canadiens. Après la conquête, nous sommes devenus les Canadiens français, puis avec la Révolution tranquille, les Québécois.
Le premier de quatre tomes
Jacques Houle, historien, vient de publier le premier de quatre tomes sur notre histoire. Il présente une version positive qui va à l’encontre de la mode du dénigrement. Sur la page quatre de couverture, on peut lire :
« Un incessant travail de déconstruction de notre passé, entrepris dans la foulée de la Révolution tranquille, a fini par engendrer un tel fouillis mémoriel qu’une majorité de Québécois peine aujourd’hui à savoir d’où elle vient et qui elle est. Cet ouvrage voudrait participer à la redécouverte de notre mémoire nationale en rappelant la genèse et l’évolution de notre peuple depuis les colons français qui ont fait souche sur les basses terres du Saint-Laurent aux dix-septième et dix-huitième siècles jusqu’à leurs descendants actuels. Nous suivrons ainsi les grands événements qui ont marqué cette histoire à la manière de chapitres successifs d’un grand roman national. »
« La majorité d’ascendance française dont nous reparcourons ainsi le devenir, celle qui s’est appelée successivement Canadiens, Canadiens français puis Québécois, fut et demeure le centre de gravité sociologique, démographique, linguistique et politique de la nation québécoise. Sans son existence et son rayonnement, il n’y aurait pas de nation française distincte en Amérique du Nord. Il nous paraît important de ne pas l’oublier. »
La France, l’Angleterre et les États-Unis
J’ai été surpris d’apprendre qu’il y a eu deux Traités de Paris, celui de 1763 cédant la Nouvelle-France de la vallée du Saint-Laurent à l’Angleterre et celui de 1783 mettant fin à la guerre entre l’Angleterre et le nouveau pays, les États-Unis. La France pour appuyer les Américains avait envoyé 5,000 soldats. Houle se demande ce qui serait arrivé, si après leur victoire en sol états-uniens, ces soldats étaient montés au nord pour délivrer les Canadiens.
Il nous rappelle les difficultés rencontrées par Champlain et ses compatriotes, après une traversée de l’océan Atlantique, qui durait de sept à onze semaines. Les bateaux à voile, sans moteur, devaient remonter contre les vents dominants et les marées descendantes, le fleuve Saint-Laurent vers Québec. Avez-vous une idée de leur technique maritime? Dans ce premier tome traitant de la période de 1600 à 1838, je retrouve les personnages des cours d’histoire de mon enfance, présentés par les Pères Farley et Lamarche dans leur « Histoire du Canada » : Jean Talon, Louis Jolliet, Jeanne Mance, Marie de l’Incarnation, le comte de Frontenac, d’Iberville, Montcalm et ses victoires contre les Anglais de la Nouvelle-Angleterre, etc. Houle présente une vision progressiste de la « Révolution canadienne du Bas-Canada » avec ses Patriotes comme le Chevalier de Lorimier.
Mathieu Bock-Coté, chroniqueur au Journal de Montréal, a vanté les mérites de ce livre dans son texte Les premiers Canadiens. Qu’attendez-vous pour lire ce livre exceptionnel?

