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Pilar Macias en résidence d’artiste à Saint-Hippolyte

Pilar Macias et la Déesse du lac de l’Achigan.

Pilar Macias a passé deux semaines dans un chalet du parc du Grand-Héron. Son séjour s’est conclu le 18 octobre, par un vernissage des œuvres qu’elle a créées durant sa résidence d’artiste. « Saint-Hippolyte, c’était une très belle découverte », a tenu à souligner Pilar, qui vit à Saint-Pacôme.

À noter qu’une deuxième artiste en résidence, Karine Dezaindre, sera hébergée au parc du Grand-Héronà partir du 25 septembre. Elle nous présentera le résultat de son processus de création lorsd’un vernissage le 9 octobre, de 17 à 19 heures.

Son parcours

Pilar a commencé sa démarche artistique avec la photographie. Avec les possibilités qu’offrait le numérique, elle a eu envie d’essayer de nouvelles façons de travailler. Petit à petit, elle a commencé à faire des animations, puis du land art, une murale et de la céramique.

Chalet du parc du Grand-Héron qui a hébergé l’artiste.

Son inspiration

Dernièrement, la nature est devenue très importante pour elle. « Avec l’arrivée de la soixantaine, on franchit une étape. J’ai pris conscience de notre fragilité comme être humain et de celle de l’écosystème, mais aussi de notre force et de celle de la nature. Il faut en prendre soin. »

Elle trouve extraordinaires et inspirants les changements qu’apporte chaque saison. « Ça me fascine. Tout est différent. La lumière l’est aussi. C’est un facteur identitaire. L’identité, c’est ça qui nous rassemble, mais aussi qui nous rend uniques. »L’appartenance à un lieu est primordiale pour elle. « J’essaie de m’approprier le territoire que j’habite. » L’identité, c’est le fil conducteur de ses projets. Pilar est d’origine mexicaine. Elle estime que faire des œuvres se rapportant à l’environnement d’ici, au paysage qui l’a accueillie, est une belle manière d’apporter sa contribution.

Animation image par image.

Animation image par image

Son premier projet de résidence était une animation image par image, construite à partir d’éléments de la nature. « Je me sers beaucoup du mouvement en photo. » Elle s’est donc longuement promenée pour repérer des sujets naturels intéressants qui la touchaient. Ce qui l’a vraiment impressionnée, ce sont les champignons. Elle n’en avait jamais vu autant.Elle a pris des milliers de photos pour pouvoir composer une animation qui dure environ deux minutes. Un long travail. « C’est tout petit, dit-elle, mais ça prend treize images pour faire une seconde. »Sur une musique empreinte de sérénité, on y découvre une feuille qui trace son chemin dans une nature qu’on découvre pas à pas.

Travail de céramique

Une oeuvre photographique de l’artiste

Pilar s’est inspirée du lac de l’Achigan pour développer son deuxième projet. De nombreux lacs ont leurs histoires de créatures particulières et un bon nombre de dieux nourrit la culture aztèque. Elle a donc emprunté le mythe de Chalchiutlicue, déesse des rivières et des lacs et femme de Tlaloc, dieu de la pluie, pour imaginer celui de la déesse du lac de l’Achigan. Pour compléter le mythe, une deuxième très brève animation image par image, nous montre la déesse de dos qui se dirige avec grâce vers son lac.

Pilar a fabriqué une statuette en argile.Sa déesse est assise et tient un poisson-achigan entre les mains. Elle est parée de feuilles de plantes locales sur le corps et la tête pour bien souligner qu’elle vient de la nature et en est descendue pour venir s’installer dans le lac.Elle achèvera cette création chez elle lorsqu’elle aura accès à des couleurs, du glacis et un four à céramique.

La résidence artistique

Un espace de travail, un hébergement et des moyens financiers ont été mis à la disposition de l’artiste afin qu’elle puisse consacrer un temps de création en dehors de son cadre de vie et de travail habituel.Pilar Macias, l’esprit ouvert à nos beautés naturelles, a su profiter de son séjour hippolytois pour nous offrir un travail artistique attachant qui reflète le bien-être qu’elle a ressenti dans notre municipalité.

Photos Lyne Boulet