Il y a de ces mots, qui, sans vraiment y porter attention, nous utilisons constamment, et cela à toutes les sauces possibles, quels que soient nos sentiments. Ce mot est POSSIBLE. « Ce n’est pas possible ?… Cela n’est pas français », a dit Napoléon Bonaparte, phrase qui devint plus tard, l’impossible n’est pas français.

L’origine du mot est latine, soit possi-bilis voulant dire « qui est » (-blis) et « pouvoir » (possi-) donc, qui est dans notre pouvoir. Une possibilité est, par conséquent, un ensemble qui peut devenir. Rien n’est facile, mais tout est possible. Le possible, bien que considéré comme une espèce de prédiction, est dans le domaine du réel. On ne peut qu’imaginer le possible seulement si celui-ci est faisable, palpable ou envisageable. C’est une cible flexible qui doit être tangible, accessible et susceptible d’être visible et disponible. Il est alors admissible et même compréhensible que le tout puisse devenir réel et perceptible avec les efforts indéfectibles véhiculés par l’individu.

Ce qui est vraiment intéressant, c’est que le possible permet aussi le rêve, plausiblement prêt à être réalisé. Il va de soi que l’individu, en pensant au possible, soit capable de se placer de façon convenable dans une situation favorable et défendable pour qu’il soit concevable, actualisable, acceptable et même probable que son objectif soit atteignable et réalisable. « Ce qui est possible mérite d’avoir sa chance », a dit Albert Camus. Il est agréable de constater que le possible est ouvert à des éventualités considérables et inestimables. Finalement, le possible entraîne une notion d’encouragement, car on peut faire son possible… dans la mesure du possible. Il pousse l’individu à prendre des actions concevables et des décisions adaptables et valables en vue de réaliser ce qu’il recherche.

Dans le même ordre d’idées, aurions-nous pu imaginer des objets, des processus ou des situations qui existent maintenant, mais qui n’étaient que des possibilités, il y a de cela trente ans ? On peut donc affirmer que l’impossible d’aujourd’hui pourrait devenir le possible de demain. Des exemples me viennent rapidement en tête, qui demeuraient dans le domaine du possible, mais ne pouvaient que se concrétiser avant plusieurs années. Des visionnaires, des créateurs et des inventeurs ont su convertir le possible au-delà du rêve. Je me réfère ici aux téléphones intelligents, aux drones, aux imprimantes 3D, aux téléviseurs aux écrans plats comme une crêpe (qui ont remplacé les écrans cathodiques, lampes, fusibles, transistors et antennes râteau, le tout casé dans un téléviseur super gros et lourd), à l’endoscopie capsulaire (caméra installée dans une capsule ou gélule pour permettre de voir l’intérieur du corps), au GPS (Global Positioning System ou, en français, Système de Géolocalisation Mondiale) qui nous permet de nous retrouver dans ce vaste monde. Comment est-ce possible ?

« Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible », a bien énoncé Antoine de Saint-Exupéry. Oui, le printemps est possible puisqu’il est à notre porte.

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