Lumière sur Ginette Reno – Intemporelle

Ce spectacle grandiose fut présenté au Théâtre Gilles-Vigneault en juillet et en supplémentaire le 30 août.

La salle remplie jusqu’au balcon attendait fébrilement, afin d’entendre les plus belles mélodies de Ginette Reno. Des artistes exceptionnels ont su nous faire voyager dans l’univers de cette grande dame qui célèbre ses 80 ans cette année.

Ce spectacle original et unique en tous points est une production du Théâtre Gilles-Vigneault. L’idéation et la mise en scène reviennent à Maxime Charbonneau. Suite aux représentations à guichets fermés lors de cette dernière saison estivale, des supplémentaires furent ajoutées pour juillet 2027. Avec le talent de Marie Denise Pelletier, Mélissa Bédard, Jeanick Fournier et Mia Tinayre, cet engouement n’est pas très surprenant. En guise de bienvenue, Maxime nous dit en tant que metteur en scène « ce show part de Saint-Jérôme, il a été créé chez nous et il y aura d’autres dates par la suite. Je dirais que c’est un show de reconnaissance et madame Reno m’a offert sa confiance ». Lors de la dernière présentation, Maxime nous annonce la présence de Ginette Reno parmi l’assistance et cela ajoute encore plus d’émotions à ce qui se prépare. Elle salue le public qui se lève et les applaudissements démontrent une affection certaine pour notre Ginette, celle qui nous a chanté l’amour depuis plus de 60 ans.

Ginette Reno, c’est plus qu’une chanson

En ouverture, Mélissa nous interprète La scène du parolier Michel Jourdan. Ce dernier l’a offert à Ginette Reno en 1987 pour son album Si ça vous chante. Avec la voix de Mélissa, quel choix judicieux pour débuter ce parcours mémorable. Accompagnées d’un quatuor de musiciens sous la direction musicale de Christian Alary et de la chanteuse et choriste Margau, les quatre voix s’unissent pour nous offrir Tu es là et Des croissants de soleil. Marie Denise nous raconte un souvenir d’enfance « un jour, mon frère m’a offert en cadeau un pick-up (ce qu’on disait à l’époque pour un tourne-disque) et à l’intérieur, il y avait le 45 tours La dernière valse ». À travers les notes de cette charmante composition, le magnifique timbre vocal de Marie Denise nous transporte. Au tour de Jeanick de nous confier « Lorsque je travaillais aux soins palliatifs, j’interprétais les textes de Ginette », et de sa superbe voix, elle nous emmène vers Tu vivras toujours dans mon cœur. Mélissa nous relate « ma belle-mère écoutait beaucoup les chansons de Ginette et j’ai dit à Maxime que je voulais en faire une moins connue » et elle entame J’ai soixante-deux ans qu’elle rend avec justesse.

En 2011, sur l’album L’avenir entre nous, on retrouvait Ginette Reno et Maxime Landry qui interprétaient Des soleils par millions. Avec sensibilité, Mélissa et Mia reprennent ce beau texte dont les paroles et la musique sont signées Lynda Lemay. Avec Quand ça balance, Mia nous transporte dans un style jazzé avec une touche de swing. Ses notes justes et son énergie physique se marient très bien à cette composition.

Quatre femmes à l’unisson

Il serait difficile d’énumérer les succès qui ont jalonné la carrière de madame Reno en seulement une soirée. Les chanteuses nous en ont transmis un portrait assez représentatif en poursuivant avec C’est beaucoup mieux comme ça, Ça pleure aussi un homme, etc. Quelques duos nous ont tout autant charmés et démontré le talent d’interprétation de ces femmes. Lorsque Jeanick et Mélissa nous offrent T’es mon amour, t’es ma maîtresse cette dernière fait bien rire les gens en disant « on est en 2026 ». Un beau rappel signé par le grand Jean-Pierre Ferland et qu’il immortalisa avec Ginette en 1974. En interprétant Ma mère chantait toujours, Mia nous donne envie de valser et l’auditoire fredonne avec elle avec grand plaisir. Cette création de Luc Plamondon et de François Cousineau ne semble pas avoir vieilli depuis 1982. Margau offre une remarquable prestation avec Laissez-moi rev’nir sur terre. Habitée par l’amour du chant depuis son enfance, cette Jérômienne n’a pas fini de nous surprendre. Marie Denise et Mélissa reviennent pour Ça va mieux et le rideau arrière nous dévoile le Grand Chœur Jukebox avec plus de soixante choristes pour les accompagner.

Un moment magique apportant encore plus de beauté à cet évènement spectaculaire

En 1979, Ginette a écrit les paroles de J’ai besoin d’un ami et Mia se l’approprie très bien pour nous. Le baryténor René Lajoie vient rejoindre Jeanick pour Fais-moi la tendresse. Un duo remarquable, tant par leur présence scénique que pour leur tessiture vocale. Des reflets rouges éclairent la chorale pour Mélissa, qui reprend avec intensité L’essentiel. Avec Un peu plus haut, un peu plus loin, composé par Ferland, Jeannick et Mia nous envoûtent et leurs mains qui se tiennent témoignent d’une belle complicité.

Ginette, tu seras toujours là

Le quatuor de chanteuses clôture avec l’inoubliable Je ne suis qu’une chanson. Et afin de boucler la boucle, tous les chanteurs se retrouvent pour interpréter Tu es là et les spectateurs se joignent à eux. Ces artistes sont des ambassadeurs hors norme de cette icône qu’est Ginette Reno. Tu vivras toujours dans nos cœurs,

Ginette ! Une ovation de plusieurs minutes fut offerte aux artisans de cette production. Des billets pour 2027 sont encore disponibles au theatregillesvigneault.com