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Luc Pouliot, photographe : la splendeur méconnue des insectes

L’exposition photo MACROCOSME: des insectes dans mon jardin prendra l’affiche dans la salle multifonctionnelle de la bibliothèque le 10 juillet. Ce même jour, il y aura un vernissage, ouvert à tous, de 17 à 19 h. Le photographe Luc Pouliot sera présent pour répondre à nos questions. L’exposition se termine le 12 août.

« Les insectes sont partout. On ne prend pas la peine de les observer. J’ai découvert des univers insoupçonnés dans mon propre jardin. Je veux montrer toute la diversité d’insectes qu’on a chez soi, sans aller bien loin. » Il veut partager cette richesse écologique accessible à tous. Le mot bestiole est souvent utilisé de manière péjorative pour désigner les insectes, ce qui suggère un certain dédain. Les insectes peuvent nous paraître étranges. Mais ils sont fascinants. Ils nous dévoilent des beautés insoupçonnées : des formes inédites, des caractéristiques étonnantes et des corps multicolores aux teintes éclatantes.

À l’affût

Luc ne papillonne pas d’un endroit à l’autre, appareil à l’œil, pour tenter de capter un insecte. Il se met à l’affût. Assis à trois pieds devant un bosquet de fleurs ou une plante, il observe. S’il perçoit un mouvement, il pointe son appareil pour voir de plus près ce qui bouge. C’est là que le travail plus technique commence.

Prise de photos

« J’ai investi dans un bon appareil, quelques objectifs de macrophotographie et un ensemble de flash studio. » Ses objectifs macros au ratio 1:1, lui permettent de voir la taille réelle de l’insecte dans son viseur. « C’est comme faire la photo en grandeur réelle finalement », explique-t-il. Cette année, Luc s’est procuré un nouvel objectif au ratio 2:1 « Ça me permet de prendre des clichés d’insectes minuscules qui seraient apparus tout petits avec mon objectif macro 1:1. Ça n’aurait pas fait des photos intéressantes », explique-t-il.

La lumière joue un rôle essentiel. Il l’exploite de manière artistique, d’où son utilisation d’un diffuseur de flash pour créer une lumière douce et agréable. Un flash direct créerait la présence d’une zone de transition contrastée entre l’éclairage et l’ombre. L’utilisation du diffuseur distribue la lumière et produit une image plus homogène. Il adoucit les lumières vives et crée une atmosphère harmonieuse et naturelle. Il favorise la capture des détails complexes de la macrophotographie. « En terme plus technique, c’est ce qu’on appelle moufler une zone », précise-t-il.

Technique et créativité

Ses photos sont le résultat de deux approches qui, de prime abord, peuvent paraître contradictoires : des techniques photographiques et des retouches logicielles créatives. Il révèle que, pour les prises de vue, « avec le temps, j’ai fini par trouver une petite recette pour l’ouverture et la vitesse. Elle fonctionne bien avec mon diffuseur de flash ». Lorsqu’il prend un cliché artistique de l’insecte, il se met à sa hauteur. Car lorsqu’il le voit un peu de côté, il obtient une image plus complète. En plongée, beaucoup d’éléments n’apparaîtraient pas. S’il capte une belle feuille verte derrière l’insecte, ce dernier va être net et le fond restera un peu flou, puisque la profondeur de champ est très mince à cette distance.

Son côté artistique prend son envol lorsqu’il s’installe à l’ordinateur. « J’accentue les détails, je joue un peu avec les couleurs, mais pas tant. Je fais surtout un beau ménage en enlevant les poussières de l’image pour que le sujet ressorte mieux. J’appelle ça un traitement beauté! » S’il était mal placé pour la prise de photo et que l’image inclut un petit bout de branche ou un trou dans une feuille, par exemple, il se permet de la retoucher pour, toujours dans le même esprit, qu’aucune distraction visuelle ne détourne l’attention de l’insecte photographié.

Photos exposées

Il présentera à l’exposition 15 photos grand format de différentes espèces, des 24 po x 36 po et des 20 po x 30 po. La première fois qu’il a imprimé des photographies de ces dimensions, il s’attendait à ce que les détails en soient altérés. Il a été favorablement surpris par le résultat visuel. Il n’y avait pas vraiment de perte de qualité grâce aux nouveaux logiciels performants qui permettent d’extrapoler le nombre de pixels pour permettre une impression précise. Plusieurs des photographies qui seront exposées font partie d’une série de photos qu’il a présentée aux International Photography Awards 2024 qui lui a valu l’obtention d’une mention honorable.

Identification

Lorsqu’il a commencé cette activité, Luc n’avait aucune connaissance en entomologie. Une amie qui s’y connaît l’a beaucoup aidé à distinguer les différentes espèces. Il fait aussi partie de groupes de photos d’insectes sur Facebook. Pour distinguer certains détails caractéristiques et faciliter leur identification, il prend aussi des photos de différents angles. « Quelquefois, ça ne prend qu’un petit poil et, tout d’un coup, ce n’est plus la même espèce. S’il n’apparaissait pas sur la photo… » Il arrive à Luc de prendre des photos à plus grande distance, car certains insectes sont plus nerveux que d’autres, donc plus difficiles à approcher. Elles ne seront pas nécessairement dignes d’impressions, mais elles lui permettent d’identifier de nouveaux spécimens, qu’il espère revoir pour les immortaliser avec panache. Depuis qu’il a commencé ce projet, chez lui, Luc a déjà identifié une centaine d’espèces différentes!

Conclusion

Le photographe Luc Pouliot invite tout le monde à découvrir le petit monde grouillant de vie qui fourmille dans toute la végétation. Il n’est peut-être pas visible à l’œil nu, mais avec des objectifs standards, en faisant de la photo rapprochée, on peut aussi découvrir ces créatures hors du commun. Quelques retouches logicielles permettront d’obtenir des clichés intéressants même s’ils révèlent moins de détails qu’en photo macro. La collection d’insectes du gouvernement du Québec est composée de plus de 8,000 espèces différentes qui totalisent 220,000 spécimens. Un univers miniature qu’on peut s’employer à découvrir tout au long de notre vie!