
La 23e édition du Gala Fonds de l’athlète des Laurentides, organisée par Loisirs Laurentides, s’est tenue le 24 mai à Mirabel. L’haltérophile hippolytois,
Thomas Pilotte, a fait partie de ces 81 lauréats de la région, qui se sont partagé 40 800 $.
Athlète identifié Relève en 2025 par la Fédération d’haltérophilie du Québec, il a également figuré parmi les finalistes « Athlète de l’année ». Pleins feux sur ce jeune sportif aux grandes ambitions, tout en gardant la tête sur les épaules, grâce à cette entrevue qu’il m’a généreusement accordée.
D’où vient ta passion pour l’haltérophilie ?
J’ai essayé beaucoup de sports et, à un moment donné, j’ai accroché avec l’haltérophilie, car je voyais que j’avais un bon potentiel.
Où as-tu commencé ?
Au Club de la Forge, à Saint-Hippolyte, avec Mario Vachon, qui est toujours mon entraîneur. Nous sommes une dizaine d’athlètes de tous les niveaux, Junior, Senior, Master.

Explique-moi ton sport et quelle est ta routine d’entraînement ?
Mon sport se résume à deux mouvements : l’arraché qui consiste à soulever la barre du sol jusqu’à bout de bras au-dessus de la tête, en un seul mouvement continu et l’épaulé-jeté qui consiste à soulever la barre depuis le sol jusqu’à la reposer sur les épaules et les clavicules. À partir de la position sur les épaules, je fléchis légèrement les jambes, puis je pousse la barre au-dessus de ma tête. En compétition, nous avons droit à trois essais, soit à l’arraché, soit à l’épaulé-jeté. Par contre, dans les entraînements, je fais beaucoup de squats, de tirages. Je ne pratique pas nécessairement le mouvement complet. Je le décortique. Avant la compétition, la préparation est plus légère avec des charges de 80 % à 90 % par rapport à celles que je soulève lors de la compétition.
En compétition, quelles sont tes charges ?
À l’arraché, 125 kg, à l’épaulé-jeté, 163 kg. C’est mon record.
Peux-tu nous présenter ton palmarès ?
J’ai commencé à 8 ans en participant à des compétitions provinciales. J’ai représenté les Laurentides aux Jeux du Québec et j’ai remporté plusieurs médailles. Puis, je me suis rendu au niveau canadien dans la catégorie Junior. Septembre 2024 est un moment mémorable pour moi. J’ai remporté la médaille d’or aux Jeux du Commonwealth qui se tenaient aux Iles Fidji. En 2025, j’ai été sélectionné sur l’équipe canadienne pour participer aux Jeux Panaméricains Junior au Paraguay où j’ai terminé au 5e rang.
Es-tu satisfait de ta performance aux Jeux Panaméricains ?
Je suis quand même content de cette performance, car pendant un an, j’ai eu des blessures. Alors terminé en 5e position dans de telles circonstances, je ne peux pas demander mieux.
Quelles sont tes plans pour cette année ?
Une belle préparation pour être qualifié aux Championnats Panaméricains en octobre prochain qui vont se tenir au Mexique. Ultimement, avec mon entraîneur, nous visons les Championnats du monde Junior qui sont prévus en Albanie.
Quelle est la fréquence de ton entraînement ?
Je m’entraîne entre 5 et 6 fois par semaine, sans compter les entraînements avec des préparateurs physiques et les thérapeutes du sport.
Comment tu concilies ton sport avec les études ?
J’ai un horaire chargé. De jour, je vais à l’école et le soir, je m’entraîne, car je suis aux études à temps plein. L’haltérophilie, on ne peut pas vraiment faire notre vie avec ça; donc, il faut tout le temps que les études passent avant.
Dans quel domaine, étudies-tu ?
Je fais un DEP en électricité que je vais terminer en octobre cette année.
Quels sont tes objectifs sportifs ?
C’est sûr que l’objectif ultime, c’est les Jeux Olympiques !
Qui est ton idole ?
Il y en a beaucoup que j’admire avec lesquels je m’entraîne, qui ont beaucoup donné et qui sont des beaux modèles, comme Nicolas Vachon, bien connu dans le sport au Québec et au Canada, qui est un Hippolytois. C’est le fils de mon entraîneur. Nicolas m’encourage à me surpasser.
Plus tôt dans l’entrevue, tu as évoqué que tu as vécu des blessures. Souhaites-tu en parler ?
Oui. Ce moment-là a été difficile. Je m’entraîne depuis que j’ai 8 ans. Tout a toujours bien été, mais depuis mes premiers Championnats canadiens Sénior, même si je suis Junior, j’ai rencontré de bonnes pièces d’hommes ! Ma première compétition à ce niveau se passait en Nouvelle-Écosse, en mai 2024. Pendant un arraché, j’ai senti que mon coude avait disloqué. Ça a été un grand coup ! En bout de ligne, le diagnostic a révélé que j’ai eu une fracture et une déchirure. Mais les médecins m’ont apporté de bonnes nouvelles, même s’ils n’avaient jamais rencontré une telle situation : prendre quelques mois pour être en mesure de recommencer, conseil que j’ai suivi en me fortifiant. En septembre 2024, j’ai remporté la médaille d’or aux Jeux du Commonwealth aux Îles Fidji. Par la suite, j’ai ressenti une inconfort dans les genoux, diagnostiqué comme des microdéchirures et ce, à la veille des qualifications pour les Jeux Panaméricains. J’ai quand même continué, mais ç’a été difficile, car le poids de mon corps continuait d’augmenter, donc à prendre de la masse, mais il fallait que je réduise mon poids corporel en même temps. Mais j’ai réussi à me rendre aux Jeux Panaméricains et j’en suis fier. Je pense qu’il faut continuer à persévérer malgré les blessures et les obstacles qui se présentent. Je suis chanceux de faire du sport et, au niveau où je suis rendu, je pense que c’est un privilège !
Est-ce une leçon de vie pour toi ?
Oui. Dans cette expérience, je veux souligner le soutien de mes parents, du Club de la Forge, de Nicolas Vachon et de mon entraîneur.
Est-ce qu’un jour, tu aimerais enseigner ton sport ?
Ben oui ! Même si je suis encore un athlète, je peux quand même aider mes acolytes, je peux les conseiller, les corriger. Et je vois qu’ils s’améliorent. Oui, je pense que j’aimerais ça.
Depuis notre rencontre, Thomas Pilotte a ajouté une nouvelle médaille d’or à son palmarès à l’issue des Championnats canadiens Juniors qui se sont tenus au début du mois de juin à Chambly. Félicitations !

