
Il s’est pointé tôt en novembre. Il n’a pas dérougi de novembre à la mi-avril… Je parle de notre hiver. Au moment d’écrire ces lignes, il pleut à l’extérieur, mais cela n’empêche pas la forêt d’être encore enneigée et le lac complètement gelé. Seuls quelques rochers laissent poindre leur surface grise ou brune. Les fleurs d’arbres et d’arbustes ne sont pas encore prêtes à éclore, mais cela ne devrait tarder.
Des migrateurs de retour
En même temps, ceci n’empêche pas les oiseaux de revenir. Dans les Laurentides, j’ai aperçu mon premier Carouge à épaulettes le 31 mars, perché avec quelques autres congénères dans un érable toujours dégarni. De le voir m’a fait sourire, mais de l’entendre chanter a réussi à m’émouvoir. Depuis plusieurs mois que je n’avais entendu son grincement éraillé. Même chose avec le Merle d’Amérique, qui a commencé à turluter tôt le matin. Je l’entends et je me réjouis de sa présence. La vie peut reprendre son cours. Le printemps peut reprendre ses droits.
Chouettes oiseaux
Depuis plusieurs jours, et ce, encore aujourd’hui en ce 16 avril, j’entends des Chouettes rayées chanter en plein jour. Le mâle suivi de la femelle. Le nid est proche. À quelques centaines de mètres de la maison. En ce jour également, une dizaine de Juncos ardoisés se sont précipités sur le terrain, à la recherche de nourriture, mais aussi de gravier qu’ils cueillent sur l’allée menant à la maison. Même s’ils ne restent jamais bien longtemps, c’est toujours agréable de les croiser. J’adore leur robe gris foncé, leur ventre blanc ainsi que leur petit bec rosé.
Des cerfs sur le chemin
Avec leurs longues pattes fines, les Cerfs de Virginie n’aiment pas marcher dans la forêt lorsqu’ils calent dans la neige fondante. Le 15 avril, trois d’entre eux, des jeunes d’un an environ, ont emprunté le chemin commun à la queue leu leu. Ils se sont arrêtés pour prendre une petite croquée de rameau de thuya en passant.
Autour de Saint-Hippolyte
D’autres oiseaux ont été vus et entendus. Le Roselin familier gazouillait frénétiquement perché sur un fil dans le Vieux-Saint-Jérôme. Le long de l’autoroute 15, sur une branche perchée, se tenait une Buse à queue rousse avec son poitrail blanc et sa tête foncée. Ce migrateur est revenu des États-Unis ou plus au sud, de l’Amérique centrale. La belle saison est déjà commencée pour cet oiseau de proie.
Chez nos voisins
L’illustratrice de cette chronique, Diane Couët, résidente de Prévost, a déjà observé quelques canards et des bernaches qui se posent sur le ruisseau non loin de sa demeure. De plus, elle a déjà vu apparaître le Moucherolle phébi, un oiseau insectivore qui se perche droit en hochant souvent la queue. Il niche tous les ans sur la corniche d’un cabanon, qui est appelé par Diane, la canardière. Un autre migrateur au chant intriguant est aussi arrivé près de chez elle. Il s’agit du Moqueur chat qui imite allègrement le miaulement d’un chat. C’est vraiment à s’y méprendre. Il trouvera refuge près de sa maison où cet oiseau niche depuis déjà quelques années.
Tambourinage qui réveille
Finalement, un de mes anciens élèves, aussi résident de Prévost, a entendu un bruit tonitruant qui provenait de son toit… Il a compris que le Pic maculé, qui est migrateur, a retrouvé la gouttière du toit qui servira de caisse de résonance afin qu’il puisse délimiter son territoire. Le tambourinage est irrégulier et arythmique. Le nid sera creusé uniquement par le mâle. Le couple se partagera la tâche de couvaison des œufs. Les exemples de bonne entente et de partage des tâches sont nombreux dans la nature. On insiste souvent sur la compétition entre espèces, mais des modèles de coopération dans le règne animal sont légion. Ne l’oublions pas. Cela devrait inspirer davantage les êtres humains…
ENCADRÉ
Identifier un oiseau à son chant
Pour pouvoir identifier les oiseaux à leur chant, il est possible de télécharger une application sur votre téléphone qui se nomme MERLIN. Cet outil, mis sur pied par l’Université Cornell, sise à Ithaca dans l’état de New York, est facile d’utilisation. Une fois l’application téléchargée, vous n’avez qu’à activer la fonction écoute et Merlin vous dira quels sont les oiseaux qui chantent, là où vous vous trouvez, et ceci en temps réel. Attention par contre, de ne jamais actionner la fonction qui ferait jouer le chant de l’oiseau en pleine nature. Cela pourrait empêcher la nidification des espèces, car les mâles croiraient qu’un autre mâle de son espèce se trouve dans le territoire. Lorsque vous écoutez des chants, soyez assurés d’être à l’intérieur de votre résidence.

