Dans la catégorie humour, le Théâtre Gilles-Vigneault présentait le 8 octobre en supplémentaire, le sixième one-man-show Modeste de Mike Ward. Sa popularité a comme toujours attiré un très grand nombre de gens en constatant les différents paliers du théâtre bien rempli. Et en première partie, Martin Perrizolo.
Martin est un humoriste, auteur et interprète. On a pu le voir au petit écran dans certaines publicités. Il fut cocréateur de l’émission L’Gros Show paru en 2005 avec son ami Mike Ward. Il a aussi tenu le rôle de Jean-François dans la série Les beaux malaises débutant en 2014. Martin a une facilité certaine à nous raconter des bouts d’histoire qu’il colore à sa façon. Durant plusieurs minutes il donne ses impressions et nous relate des moments pertinents à ses yeux.
À titre d’exemple, il nous annonce qu’il vient de perdre son médecin de famille et comme celui-ci n’était pas un toucheux selon ses dires, il lui faisait faire plein de prises de sang. Il sous-entend donc que ce n’était pas à proprement parler un docteur. Il s’ensuit toutes sortes d’histoires qui par sa perception prennent des allures de petits drames. Il aborde certaines limites : celles que notre entourage nous inflige, celles que l’on craint de franchir ou bien celles que lui-même essaie de cibler. Voilà un avant-goût de son prochain spectacle appelé Dramatiste et qui sera présenté en février 2026 à la salle Antony-Lessard de Saint-Jérôme. À la suite des applaudissements, il laisse la scène à son « chum » Mike.
L’art de manier les mots
L’apparition de Mike Ward suscite une acclamation de bienvenue parmi l’auditoire. On le qualifie de maître ou génie de l’humour, car il se démarque haut la main dans l’art du « stand-up ». Ce terme anglais signifie : un humoriste seul, sans décor ni accessoires, qui brise le « quatrième mur » en prenant l’auditoire à témoin des histoires qui lui sont arrivées. Et en effet, à part un peu de fumée et un immense visage de plâtre le représentant sur la scène, il n’y a rien d’autre. Après tout, il est modeste! Il nous confirme « j’ai tout écrit mon show. J’aurais pu demander à l’intelligence artificielle pour un prochain scandale, les poursuivre et plaider que c’est un trucage ». Les rires de la salle fusent, saisissant l’allusion à son précédent débat judiciaire.
Il nous dit être heureux, car il a une nouvelle compagne dans sa vie. Il nous raconte leur première rencontre, ainsi que leurs prouesses intimes avec des détails ne laissant pas beaucoup de place à l’imaginaire. Tout comme le segment qui se rapporte à son rendez-vous avec un urologue, qui est assez descriptif où il est question d’injections et d’électrochocs en lien avec des problèmes érectiles. Et tout cela on peut le présumer, avec un peu d’exagération! Il ne manque d’ailleurs pas de s’adresser directement à certains spectateurs qui se font un plaisir évident de participer. Il dit qu’il serait le gars le plus crédible chez les Alcooliques Anonymes, car il peut boire sur la scène. Et avec un verre de vin rouge à la main, il enchaîne « je n’aurais pas gagné autant de trophées au Gala des Oliviers sans l’alcool ».
Quand la réalité semble insolite
Mike est l’une des rares personnalités humoristiques qui incluent autant leur vie personnelle dans leur spectacle. Il fut certes beaucoup médiatisé, mais sa générosité de cœur est reconnue de tous. On se souviendra qu’en 2021, afin d’aider les sans-abris à lutter contre le froid, il avait offert de faire construire 25 mini-maisons à Montréal. L’offre fut déclinée pour être finalement acceptée à Drummondville. Il nous dépeint une escapade qu’il a fait à Atlanta, en jet privé avec des amis, pour assister à une soirée d’arts martiaux, avec tout ce que cela comporte d’activités comme pour se loger, se nourrir, etc. Dans toute la description qu’il nous en fait, on ne ressent pas qu’il se louange, il n’y a rien d’agaçant dans ses propos.
Il aime les voyages qui dépaysent et la Chine l’a déstabilisé. Il y allait en vue de présenter un spectacle et il s’est rendu compte qu’il n’y avait aucune liberté d’expression. Pourtant il nous mentionne « j’ai fait rire avec des obscénités en Chine, je ne pouvais pas le croire ». Il poursuit qu’en allant manger dans un restaurant populaire, il a causé tout un émoi en voulant laisser un pourboire au serveur. Il n’avait pas lu le règlement et a appris à ses dépens que cela ne se fait pas dans ce pays.
Une conclusion touchante
Si Mike sait dire les choses assez ouvertement, il sait aussi les dire de manière sensible. Il termine ainsi en s’ouvrant à nous « je veux vivre des moments mémorables avec ma famille. Je fais ce que je rêvais de faire, ça fait 30 ans que je dure. Il faut des bas pour apprendre des hauts. Je vous apprécie, merci Saint-Jérôme ». Une ovation de plusieurs minutes lui fut offerte. Il n’est peut-être pas « modeste » dans ses propos, mais après toutes les épreuves qu’il a traversées, sa modestie ne le rend que plus attachant.
Pour infos : theatregillesvigneault.com
Photo : courtoisie



