
Photo du suaire à gauche et rendu négatif à droite.
Photo : commons.wikimedia.org
Le suaire ou linceul de Turin est un drap de lin montrant l’image de face et de dos, d’un homme présentant des blessures compatibles à un crucifiement. Puisque l’image représente certains détails de la crucifixion de Jésus de Nazareth, plusieurs croyants la vénèrent comme une véritable relique de la Passion, tandis qu’elle n’est qu’une icône représentative selon l’Église catholique.
Les premières mentions documentées datent de la seconde moitié du 14e siècle et le situent en Champagne (France). Seules des hypothèses sont proposées pour expliquer le chemin emprunté par la relique depuis l’Orient jusqu’à Geoffroy de Charny. Le linceul est rapidement accusé d’être un faux et devient le sujet de restrictions d’ostension1 publique, d’enquêtes, jusqu’à des menaces d’excommunions de la part du clergé. Au 15e siècle, il est fréquemment déplacé dans plusieurs villes et revient à la Sainte-Chapelle de Chambéry en 1502. Dans la nuit du 3 au 4 décembre 1532, le suaire est pris dans un incendie dans la chapelle où il est déposé. L’étoffe est brûlée à certains endroits et est réparée par les Clarisses. Le linceul est conservé à Nice pendant sept ans, de 1536 à 1542, fait l’objet d’une ostension publique en 1537 et retourne ensuite à Chambéry jusqu’en 1578, où il est transféré à Turin par les ducs de Savoie. Conservé dans la cathédrale de Turin, il fait l’objet d’ostensions quasi annuelles pour devenir plus exceptionnelles entre les 17et 19e siècles, où il est exposé à seulement 30 occasions (un mariage royal, la venue du pape ou pour sa valeur propitiatoire contre les épidémies).
Regain d’intérêt depuis la photographie de 1898
Le linceul connaît un certain désintérêt jusqu’à l’ostension du 25 mai au 2 juin 1898, au cours de laquelle le photographe Secondo Pia prend la célèbre photographie. Lors du développement, il constate que le résultat du négatif donne l’aspect d’une image positive, ce qui implique que l’image du suaire est elle-même, en quelque sorte, un négatif (le négatif d’un négatif est un positif). L’image sur le linceul serait un « relief » négatif. De nouveaux clichés du photographe Enne en 1931 confirment les travaux réalisés par Secondo Pia. Par conséquent, des commissions d’experts sont mises en place pour effectuer des études en utilisant des méthodes plus avancées. En 1973, les fibres du tissu sont examinées sous des rayons X, ultraviolets et infrarouges, les techniques de tissage sont identifiées et la provenance de différents pollens également. La coloration est soumise à différentes hypothèses, mais demeure un mystère. Des tests immunologiques concourent à démontrer qu’il s’agit bien de sang humain de type AB. La datation au Carbone 14 donne une date médiévale entre 1260 et 1390 (contestée). En 1976, l’analyseur VP8 de la NASA produit une image de nature tridimensionnelle. Si toutes ces études ont apporté de nombreuses réponses, elles ont néanmoins échoué à trancher sur son authenticité.

Le 21 juin 2015, le pape François devant le Saint-Suaire, dans la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin.
Photo : galazka_sipa
En 1983, le Saint-Siège devient propriétaire de l’objet qui est conservé à la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin, en Italie. Prudente, l’Église n’a jamais pris de décret faisant officiellement du suaire une relique. Elle le décrit plutôt comme une icône, l’image de « l’homme du linceul ».
Conclusion de Christian Page à l’émission Salut Bonjour : « Dans ma liste des objets les plus étranges que j’ai vus, le Saint-Suaire occupe la première place. Quand j’étais devant le suaire, j’ai eu la conviction que j’étais devant un miracle. Ou bien il s’agissait d’une manifestation divine ou du génie d’un extraordinaire faussaire du moyen âge. […] Quelle relique remarquable, je peux comprendre la dévotion des fidèles. »salutbonjour.ca/2025/04/09/lobjet-le-plus-extraordinaire-quil-mait-ete-donne-de-voir-christian-page-revient-sur-le-mystere-du-linceul-de-turin

