Il y a cent ans, le 10 ou 25 octobre 1925 nait en Yougoslavie, Anton Baričević. Il immigre au Canada en 1946 et choisit de s’appeler Antonio Barichievich. Dans les années 1960 à 1990, il devient Le Grand Antonio, connu mondialement pour sa personnalité exubérante et ses exploits de force hors de l’ordinaire.
Il impressionne par sa grande taille (1,93 m ou 6’4) et son poids (205 kg ou 450 lb). Il porte des souliers de pointure 28. Il choisit de vivre à Montréal et aime faire sensation par des prouesses sur la place publique. Cet amuseur de rue prend soin de distribuer ses cartes postales avant de tirer un autobus rempli de passagers ou soulever un immense tronc d’arbre où s’accroche une douzaine de personnes (voir photo). En 1952, il apparait dans Le livre Guinness des records pour avoir déplacé un train de 433 tonnes sur 19,8 mètres! La carrière du Grand Antonio est lancée!

Le Grand Antonio participant à l’émission Smash, le 7 janvier 1971. photo radio-canada /jean-pierre karsenty
Il aime être la vedette
Il devient lutteur professionnel, affronte de grands champions et démontre sa force en luttant contre plusieurs adversaires en même temps. Sa renommée s’étend au-delà de l’Amérique. En plus des « spectacles » de lutte, il participe à plusieurs émissions de télévision un peu partout dans le monde. Il joue dans plusieurs films et devient « un expert » des relations publiques en s’infiltrant régulièrement pour être photographié avec les grandes vedettes du show business, mais également du monde sportif, politique et même religieux.
Géant excentrique, c’est un homme très généreux au grand cœur, qui a le sens du spectacle et aime faire rire son public, surtout les enfants. Il aime les femmes rondes et Jeannine, qu’il adore, devient sa compagne de vie. Après quelques années, elle le quitte, ce qui bouleverse sa vie. Seul, il demeure dans un petit appartement et néglige de prendre soin de lui, ce qui finit par lui donner l’allure d’un clochard, la barbe et les cheveux hirsutes. Le Duncan’ Donut en face de chez lui devient « son bureau ». Durant les années suivantes, les gens le voient régulièrement dans le métro de Montréal ou sur un banc du parc Beaubien où le 7 septembre 2003, Antonio, victime d’une crise cardiaque, rend son dernier soupir. Il a 77 ans. Une fin de vie misérable pour ce personnage folklorique du Québec, cet homme fort qui avait fait courir les foules avec ses exploits.
Ses funérailles
Comme on ne lui connait aucune famille, le journaliste Claude Poirier s’indigne qu’il doive être inhumé dans une fosse commune à Laval. Grâce à son don « anonyme », c’est l’organisme Jeunesse au soleil qui lui organise un service funéraire. Plus de 3000 personnes viennent lui rendre un dernier hommage. Depuis 2003, on a produit un documentaire, écrit plusieurs livres, dédié une chanson et peint une murale qui relate ses exploits. L’autrice Élise Gravel, hérite des possessions du célèbre homme fort et en fait don en 2017 au musée McCord. Aujourd’hui, dans le parc Beaubien, une plaque orne un banc qui rappelle la présence inoubliable du Grand Antonio « qui était une présence pas ordinaire dans nos vies très ordinaires ».
Sources :
- Wikipédia
- Vidéo documentaire de 45 minutes Le dernier des bons géants : com/watch?v=RdFZHjPH_go
- Le Grand Antonio, légende des trottoirs de Montréal : radio-canada.ca/nouvelle/1120530/grand-antonio-records-deces-archives?depuisRecherche=true
Musée McCord : musee-mccord-stewart.ca/fr/blogue/grand-antonio


