L’argent ne fait pas le bonheur

Il ne se passe pas une journée sans que nos pensées et nos paroles ne soient pas dirigées vers une réflexion sur l’argent. Comme sujet universel de discussions et de tergiversations, on ne peut pas demander mieux.

 

Notre préoccupation, afin de s’assurer d’avoir suffisamment d’argent ou de maintenir son avoir, est constante. Bien qu’elle engendre de l’incertitude, du stress ou de la peur (la péniaphobie soit la peur de la pauvreté), on continue d’être obsédé par notre situation financière et de l’état de l’économie en général. On ne cesse jamais d’invoquer, dans notre langage quotidien, l’importance de l’argent que ce soit pour la valoriser (on songe à sa puissance ou à l’accroissement du statut social), la dénigrer (jeter l’argent par les fenêtres), lui donner une valeur hors du commun (« c’est l’argent qui gouverne le monde », dixit Jean Dion ou en avoir pour son argent), ou tout simplement pour tenter de trouver des moyens pour en avoir suffisamment afin de bien vivre. Faisons-nous vraiment la différenciation entre les besoins et les envies quand vient le temps de dépenser ?

 

« Le temps, c’est de l’argent », nous a dit Benjamin Franklin. Pourtant, il y a amplement plus de valeurs cruciales dans la vie qui devraient prendre une place beaucoup plus prépondérante. Que l’on pense à l’amour, l’amitié, l’honnêteté, le courage, la liberté et combien d’autres. « Lorsque l’argent devient le substitut de valeurs morales, il ne nous reste plus qu’à prier », nous a bien précisé Nacira Boukli-Hacene. Il ne faut pas oublier que l’argent est une mesure de quantité et d’évaluation de notre train de vie, tandis que la plupart des valeurs humaines sont des mesures de qualité.

 

Est-ce qu’il existe un terme dans la langue française (et probablement dans toutes les langues) qui a autant de synonymes ? L’argent peut être aussi appelé : au Québec, piastre, pognon, fric, foin, monnaie, magot, billet, bidou, cash, dollar, espèces et en France, flouze, balle, bille, blé, brique, ronds, radis, oseille, denier et j’en passe. Pourquoi autant de mots argotiques ou populaires pour désigner une notion aussi fugace, fuyante, furtive, temporelle et changeante ?

 

L’argent s’associe aussi beaucoup avec des adjectifs très variés : l’argent peut être sale, comptant, inodore (n’a pas d’odeur), facile, liquide (qui vient de l’italien liquido voulant dire fluide, idéal pour des transactions rapides). La monnaie se veut aussi être sonnante et trébuchante : on peut même la blanchir, la récolter, la gaspiller, l’amasser. « Tant de gens usent leur santé à s’enrichir, d’autres leur fortune à retrouver la santé », ironise A.J. Reb Materila.

 

N’oublions surtout pas ce proverbe de P.T. Barnum qui nous dit que « l’argent est un bon valet et un mauvais maitre ». Toutefois, gardons en mémoire qu’il existait, en 2020, plus de 3 228 milliardaires par le monde et plus de 20 millions de millionnaires. Le mot de la fin est celui de l’Abbé Pierre qui a dit « Avec tout l’argent du monde, on ne fait pas des hommes : on les dégrade ».

 

Source : Wikipédia

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