Guglielmo Marconi avec son transmetteur sans fil.

Oyez ! Oyez ! (du verbe ouïr : écouter), c’est ainsi que le crieur public présentait le « bulletin de nouvelles » à la population médiévale. De la fin du XIXe siècle au début du XXe, une nouvelle façon « d’écouter » l’information prend forme : la radio.

L’invention de la radio est une œuvre collective, qui part de la découverte des ondes électromagnétiques, de l’invention du télégraphe et aboutit aux premiers matériels utilisables pour communiquer sans fil. La fin des années 1800 voit le premier télégraphe filaire, l’invention du code Morse, la première transmission sans fil, les ondes hertziennes, le générateur de hautes fréquences, l’antenne et les semi-conducteurs.

On ne cesse d’inventer

À Paris en 1890, Édouard Branly invente le Tradio conducteur (cohéreur), et contacte plusieurs physiciens canadiens français qui contribuent au développement de cette nouvelle technologie. En 1901, Guglielmo Marconi assure la première liaison transatlantique de télégraphie sans fil (TSF) entre Terre-Neuve et l’Angleterre. On invente le poste à galène, qui permet de créer les premiers postes récepteurs de radiodiffusion. En 1907, la première lampe amplificatrice à cathode chaude (triode) sera le départ de toute l’industrie radio électronique. Trefflé Berthiaume, directeur de La Presse, consacre une pleine page à l’invention de Branly. Il suit de près les innovations et, en 1904, dote la presse d’un puissant système de TSF.

En 1913, avant le début de la Première Guerre mondiale, le gouvernement fédéral de Wilfrid Laurier adopte une loi concernant le partage des ondes, la réglementation et l’émission de permis : la Loi sur la radiotélégraphie. La responsabilité en revient au Ministère de la Marine et des Pêcheries.

La naissance de la radio au Québec

Le retour à la paix marque l’avènement de la radiodiffusion commerciale, confinée jusque-là au secteur militaire. En 1920, la radiodiffusion commerciale est permise par le fédéral. En avril 1922, le Ministère de la Marine et des Pêcheries attribue neuf licences au Québec, dont CKAC (La Presse) et CFCF (Marconi).

Une première station francophone : CKAC

CKAC entre en ondes le 3 mai 1922. La programmation est d’abord centrée sur les nouvelles, les concerts, le théâtre et les causeries. Dès 1923, la station présente des émissions de musique française contemporaine. Les premières émissions commanditées débutent en 1924. En 1925, CKAC invite les autorités politiques à communiquer au peuple de l’information de nature à l’instruire. En 1925, le 29 octobre, la station diffuse les résultats de l’élection fédérale pour tout l’est du Canada, une première. Une autre innovation : en décembre, CKAC diffuse en provenance de Boston, des parties de hockey opposant le Canadien aux Bruins.

À partir de 1927-1928, la station multiplie les lieux d’enregistrement, notamment au parc Lafontaine, dans des hôtels, des cinémas ou des grands magasins. Un nouveau directeur fait prendre un virage commercial, afin d’assurer une source de revenus stables. Les politiciens voient le potentiel de la radio. C’est Camillien Houde qui est le premier à demander à CKAC de présenter ses discours de campagne. À partir de 1928-1929, des matchs de hockey sont diffusés sur une base régulière et c’est le début d’une longue tradition. Le 21 septembre 1929, CKAC signe une entente avec le géant américain, la Columbia Broadcasting System (CBS). Au début, la faveur va nettement au répertoire américain, mais on voit percer des artistes québécois comme Mary Travers (La Bolduc), qui réalise une première prestation à l’occasion du jour de l’An, le 30 décembre 1929.

À suivre…

Sources texte et photos : Wikipédia

Histoire de la radio et Radio au Québec