
Le 6 décembre 1928, le gouvernement de William Lyon Mackenzie King, préoccupé par l’omniprésence américaine dans les récepteurs des foyers canadiens, met sur pied la Commission royale d’enquête sur la radiodiffusion, appelée commission Aird. Elle avait pour mandat de « s’enquérir de l’état actuel de la radiodiffusion au Canada » et « être efficacement exploitée dans l’intérêt des auditeurs canadiens » et « l’intérêt national du Canada ». John Aird dépose son rapport le 11 septembre 1929. Il suggère de faire reposer la radiodiffusion « sur les bases d’un service public » bilingue, d’éducation, « mais aussi en tant que source de distraction et d’information ». Le rapport Aird a finalement mené à la création, en 1932, du Conseil canadien de la radiodiffusion, précurseur de la Société Radio-Canada et du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) en 1958.
La radio au Québec
L’éducation et la culture étant de compétence provinciale, et que le gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau croit que la radio américaine s’infiltre dans les foyers québécois menaçant nos valeurs, il souhaite créer un programme qui favoriserait la « formation d’un esprit national, canadien et québécois ». Le gouvernement loue du temps d’antenne à CKAC à partir de décembre 1929. L’heure provinciale (1930-1939) présente des causeries sur des sujets d’intérêt public : des questions agricoles, d’hygiène publique ou de sécurité routière, en autres. Les tribunaux confirment que la radiodiffusion est de compétence fédérale, les lois québécoises ne seront pas mises en pratique avant les années 1960 avec la fondation de Radio-Québec.

Les années 1930 à CKAC
Depuis sa fondation, CKAC est contraint de partager les ondes avec CFCF et CNR (Montréal). En juin 1929, c’est la fin de cette situation de partage, puisque chacun dispose maintenant de ses propres ondes. C’est donc, forte de ces changements, que CKAC entame la nouvelle décennie et fonde son propre orchestre symphonique. En 1924, les premières émissions commanditées débutent à la radio commerciale. En 1931, Robert Choquette propose ses créations Au coin du feu et Le vieux raconteur et, en 1932, un nouveau format : le radiothéâtre. En 1933, CKAC conclut une nouvelle entente avec CBS, ce qui fait en sorte que la station diffuse davantage d’émissions de style entertainment, et la musique américaine se fait entendre dans les foyers québécois.
Robert Choquette continue d’innover avec le radioroman en feuilleton, qui dure une quinzaine de minutes par jour. Le curé du village est rapidement suivi de nombreux autres, dont Rue Principale, Madeleine et Pierre et Ceux qu’on aime. Clin d’œil humoristique à Un homme et son péché, Oliva Légaré signe le feuilleton Nazaire et Barnabé, dont l’action se situe dans un village abitibien. C’est dans l’émission Le carrousel de la gaieté que Gratien Gélinas crée son personnage de Fridolin en 1937. Le prince des annonceurs, Roger Baulu, est la voix de l’époque. En 1938, l’émission Les nouvelles de chez nous, animée par Albert Duquesne est diffusée en soirée. Il s’agit du « premier radiojournal au Québec ». On traite de questions de l’heure à L’actualité féminine, dont le droit de vote des femmes au Québec, qu’elles obtiendront en 1940. En 1938, les dimanches soirs, L’heure catholique présente des causeries de 15 à 30 minutes suivies de concerts d’œuvres religieuses.
À suivre…
Sources texte et photos : Wikipédia
Histoire de la radio et Radio au Québec

