Des paresseux terrestres géants de huit tonnes et six mètres de haut, il y a 14,000 ans en Amérique, éradiqués par l’homme primitif! Le saviez-vous ? Moi pas… et pourtant je me considère comme cultivé. Cette BD est tout simplement hors du commun. Une belle histoire illustrée de l’humanité. Le mois dernier je vous ai présenté un chapitre du livre Sapiens de Harari, un best-seller mondial sur la famille, son importance jusqu’à la Révolution tranquille au Québec et sur sa disparition provoquée par la création de la fonction publique et ses spécialistes pour satisfaire tous nos besoins. Et nous nous plaignons de plus en plus de solitude. La chanson Dégénération le démontre bien.

Je ne savais pas qu’une BD arrivait. Yuval s’est associé avec les experts en BD, les Belges qui nous ont donné, entre autres, Hergé et ses fameux album de Tintin. Cette BD possède un immense avantage pédagogique. Elle débute par l’explication par la physique du Gros boum il y a 13 milliards d’années, passe à l’apparition des premières molécules à la base de la vie il y a 3,5 milliards d’années en utilisant la chimie, pour aborder les nombreuses formes de vie elles-mêmes avec la biologie, puis saute de grandes étapes pour arriver dans l’Histoire avec l’apparition d’homo sapiens, vers 70 000 avant Jésus-Christ.

Le texte présente nos Indiens actuels comme des immigrants arrivés d’Asie, par le détroit de Béring, profitant d’un pont de glace lors d’une première glaciation il y a 40,000 ans et d’une autre il y a 10,000 ans. C’est un fait scientifique peu connu. L’auteur se réfère à la théorie de la sélection naturelle de Darwin pour expliquer l’évolution. Malheureusement, cette référence peut choquer les « religieux très sincères » qui basent leurs croyances sur les textes sacrés dictés d’en Haut.

Harari nous présente les catégories logiques, inventées par les Grecs et formalisées par Aristote, pour comprendre notre monde et l’expliquer comme la classification des êtres vivants, pour les mettre en ordre : règne animal, végétal, embranchement ou division, classe, ordre, famille, genre, espèce. Tous les humains appartiennent à la famille des grands singes, sont du même genre Homo qui veut dire humain et de l’espèce sapiens qui veut dire sage. Ils peuvent tous avoir des relations sexuelles entre eux. Les traits superficiels, comme la couleur de la peau, qui distinguent les humains sont apparus récemment. L’auteur démontre que les races humaines n’existent pas… Alors, comment expliquer le racisme ? De plus, comme un bonus, Noah tente d’expliquer nos comportements psychologiques actuels, comme celui de votre voisin, en les situant dans notre évolution depuis les grands singes et l’homme de Néandertal.

Dans la conclusion, nous apprenons que Homo sapiens arrivant d’Afrique, en passant par l’Asie, n’a pu s’empêcher de  contribuer à l’extinction de la mégafaune australienne en 50 000 avant Jésus-Christ et de celle de l’Amérique en 16,000. Je
dois avouer, bien que je me considère comme un grand amateur d’histoire, que je n’avais jamais entendu parler de ces
« crimes contre les espèces ». Ma conception du Bon sauvage, basée sur les idées de Jean-Jacques Rousseau, le Père de notre système d’éducation moderne, en a pris un coup. La BD se termine sur cette réflexion : nous qui vivons en 2020, serons-nous responsables de la disparition des dernières espèces, de ce processus entamé par nos ancêtres, qui avaient au moins
l’excuse de vouloir survivre… et de ne pas en être conscients ?
1 Chanson du groupe Mes Aïeux
HARARI, Yuval Noah, Sapiens. La naissance de l’humanité. 2020, Albin Michel, 245 pages.