
Photo : Bibliothèque et Archives Canada
Le Festival canadien des tulipes, qui est reconnu pour être le plus grand festival de tulipes au monde, est un événement majeur organisé chaque année à Ottawa. Plus d’un million de tulipes fleuriront cette année du 8 au 18 mai : ottawatourism.ca/fr
La guerre

Photo : Yousuf Karsh, avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la majeure partie du continent européen est occupée par les forces d’invasion de l’Allemagne nazie, y compris les Pays-Bas. Ce territoire s’avère être un champ de bataille très difficile à conquérir, en raison de son réseau complexe de canaux et de digues. En 1944, les Alliés lancent des assauts audacieux, mais la détermination des Allemands est inflexible et le conflit s’éternise. L’hiver 1944-1945, surnommé « l’hiver de la faim », fut une période terrible. En raison du manque de nourriture, plusieurs ont été réduits à manger des bulbes de tulipes pour survivre. Après les combats acharnés des soldats canadiens et alliés, les forces ennemies se rendent et le territoire des Pays-Bas est libéré quelques jours avant la déclaration de la fin de la guerre, le 9 mai 1945.
La bravoure des soldats et les sacrifices consentis ne sont pas les seuls secours que le Canada a offerts aux Pays-Bas. Certains membres de la famille royale néerlandaise ont trouvé refuge au Canada. En 1940, la princesse héritière Juliana et ses deux filles s’enfuient au Royaume-Uni. Elles sont accueillies à Ottawa en 1941. Le 19 janvier 1943, une troisième fille, la princesse Margriet, naît à l’Hôpital Civic d’Ottawa. L’aile de la maternité devient temporairement extraterritoriale, afin que l’enfant ait la citoyenneté néerlandaise.
Plusieurs membres de familles royales de Norvège, d’Autriche-Hongrie et du Luxembourg ont séjourné au Canada et au Québec durant la guerre. Le duc et la duchesse de Windsor de Grande-Bretagne pour un court séjour de neuf jours. Le prince Frédéric de Prusse, petit-fils d’un empereur allemand, étudiant en Angleterre, est arrêté et passe six mois dans des camps d’internement à Québec et Farnham.
Les tulipes

Photo : Pinterest
Cette plante est à l’origine de la « tulipomanie » en Hollande au XVIIe siècle, un engouement qui a entraîné une bulle spéculative, car l’époque se passionne pour la création d’hybrides et de nouvelles variétés. Sur cette période, Olivier Bleys écrit le roman Semper augustus et Justin Chadwick produit le film Le peintre des vanités (Tulip fever). Après la Seconde Guerre mondiale, les Pays-Bas ont offert des bulbes de tulipes au Canada en guise de remerciement pour avoir libéré leur pays des Allemands et pour avoir accueilli la famille royale néerlandaise, qui devait quitter le pays pendant le conflit. Chaque année, la famille royale des Pays-Bas donne des tulipes à Ottawa, suivant la tradition, inspirant ce qui est devenu le Festival canadien des tulipes en 1953.

Le printemps
Parmi les premières fleurs du printemps, on retrouve, vous l’aurez deviné, les tulipes. Doux printemps, saison attendue avec impatience, saison de renaissance, d’espoir. Même si quelques fois, on doit subir la pluie et le vent : « ménage du printemps » oblige. Antonio Vivaldi a célébré le printemps en premier dans ses Quatre Saisons et Michel Fugain l’a chanté allègrement avec ses amis du Big Bazar. Et que dire du magistral Hymne au printemps du pionnier de la chanson poétique, Félix Leclerc, dont voici quelques vers : Au mois de mai, après le dur hiver, je sortirai, bras nus, dans la lumière. Vois, les fleurs ont recommencé. Les bourgeons sortent de la mort. Papillons ont des manteaux d’or. Près du ruisseau sont alignées les fées et les crapauds chantent la liberté.
Sources :
- Commission de la capitale nationale
- Anciens Combattants Canada
- L’encyclopédie canadienne
- Wikipédia

