Cette fois, ça y est, on y arrive, on le croit du moins, la fraîcheur météo laissera place au réchauffement des températures. Nous n’allons point nous en plaindre. Surtout que, dans la niche boisée où j’habite, la neige au sol a persisté six mois francs. Le printemps, fort tardif sinon absent, nous a boudés. Avec juin, nous prenons goût à la chaleur, après tout, c’est dans ce mois que commence officiellement l’été, en cette année plutôt aux confins de l’irréel dans une société écovidée de son essence relationnelle.

 

Juin, c’est le mois du solstice d’été, où le soleil s’attarde dans le ciel, comme s’il s’y installait pour de bon, comme s’il s’y arrêtait. Le terme solstice vient du latin sol, pour soleil, et stare, pour s’arrêter, rester. C’est le mois où le calendrier scolaire, plutôt bousculé cette année, fait relâche estivale. Et, au Québec, c’est la Fête nationale, célébrant la Saint-Jean-Baptiste en ce vingt-quatrième jour du mois. Depuis des temps immémoriaux, les communautés humaines, dans l’hémisphère nord, ont allumé de grands feux de joie en gratitude à l’astre diurne, gage de récoltes prometteuses.

 

La provenance de l’appellation juin pour le sixième mois de l’année n’est pas solidement agréée. On évoque souvent une origine liée au premier consul de Rome, Lucius Junius Brutus, héros semi-légendaire qui aurait renversé la monarchie fondatrice au VIe siècle avant notre ère. Certains y voient peut-être une référence à Juno (Junon en français), déesse italique, épouse de Jupiter, symbole de la fécondité… de l’été!

 

Dans l’histoire canabécoise, on peut signaler certains événements qui se sont déroulés en juin. En 1896, le 23 juin, Wilfrid Laurier est élu premier ministre du Canada. Le 24 juin 1918, un aviateur, résident de Montréal, effectue le premier transport aérien d’une centaine de lettres et de quelques caisses d’alcool, reliant Montréal à Toronto en… six heures! Le 6 juin 1944, plus de quinze mille Canadiens participent au débarquement allié sur les côtes normandes en France. En 1959, le 26 juin, c’est l’inauguration de la Voie maritime du Saint-Laurent. Dans le domaine de la justice, la peine de mort est abolie le 22 juin 1976. Le 16 juin 1998 voit la cigarette bannie de tout l’espace public et le tabac interdit de vente en pharmacie.

 

Au XXe siècle, juin constitue également un nom de famille. Nous retrouvons le maréchal français Alphonse Juin, militaire de carrière renommé, s’étant illustré notamment en Afrique du Nord. Il y a aussi l’écrivain belge, d’expression française, Hubert Loescher, dit Hubert Juin (né en 1926, en…juin!), qui s’est fait le héraut de la vie campagnarde.

 

On peut s’interroger sur un particularisme de chez nous. Selon les dictionnaires, on devrait prononcer ju-in comme dans suint, brin, lin, pain. Or nous entendons ici ju-un, comme dans aucun. D’où émane cette apparente dérive ? Difficile à traquer le suspect. Possiblement, l’inclination du locuteur est de poursuivre le son u de ju– dans le deuxième élément du mot –in, qui se mue en –un. L’enquête reste ouverte.

 

Pour conclure, n’oubliez pas de marquer la fête des Pères, le troisième dimanche du mois, le 21 juin, cette année, en plein solstice! Je vous donne rendez-vous le mois prochain.

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