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Jean-Pierre Fabien ; les oiseaux et le Costa Rica

Les 4 et 11 octobre avaient lieu la conférence du naturaliste Jean-Pierre Fabien sur les oiseaux et le Costa Rica, pré­sentée à la salle multifonction­nelle de la bibliothèque. Avec son ami photographe Alain Gadbois, on a pu appré­cier la beauté de ces vertébrés ovipares dont le plumage est sans pareil.

Comme beaucoup le savent, Jean-Pierre Fabien, qui est un passionné des oiseaux, a une chronique dans notre journal Le Sentier. Avec son complice Alain, ils sont partis pour le Costa Rica faire un voyage de découvertes du 7 au 21 février dernier. Ce pays d’Amérique centrale situé au nord du Panama est connu pour sa biodiversité exceptionnelle. Sur les 903 espèces d’oiseaux que l’on y retrouve, Jean-Pierre a pu observer 74 espèces qu’il n’avait jamais vues à ce jour. Ce dernier nous mentionne « Alain qui est un très bon photographe, a passé beaucoup de temps pour choisir ses oiseaux et avec ma débrouillardise en ornithologie ce fut une collaboration sans failles ». Grâce à Georges et Ghislaine Désilets, des habitués du Costa Rica qui logeaient non loin d’eux, ils ont pu connaître un peu les gens de la place et aussi visiter des endroits moins connus. Le couple Désilets était d’ailleurs présent lors de cette conférence.

Vers le Costa Rica

Avant de débuter, Jean-Pierre nous transmet des informations pertinentes concernant le Costa Rica, tant géographiques qu’environnementales. Par exemple, on y retrouve des réserves fauniques et des parcs nationaux incroyables et beaucoup d’espaces. Les deux voyageurs ont séjourné à Roma Del Mar, juste à côté du golfe de Nicoya ainsi qu’à Monteverde. L’une des provinces de cette contrée est Guanacaste et c’est d’ailleurs l’arbre emblématique du Costa Rica, également connu sous le nom « arbre à oreille d’éléphant ».

Des photos hautes en couleur

Durant la présentation, on a pu découvrir des oiseaux méconnus pour la plupart d’entre nous, et les deux amis commentent les photos que l’on aperçoit sur un écran. Alain nous raconte que la première photo qu’il a captée fut celle d’un Cténosaure noir, un iguane assez impressionnant de par sa grande taille, mais sans danger. À certains moments, Jean-Pierre nous offre des extraits de ses poèmes ou de son journal de bord. La beauté que l’on apprécie d’une plume à l’autre pour cet amoureux de la nature ! Avec les connaissances de Jean-Pierre et les photographies d’Alain, on a pu en apprendre un peu plus sur : le Geai à face blanche qui est un peu comme le Geai bleu et un peu criard, la Pénélope panachée également criarde et mesurant plus d’un mètre ou le tangara assez commun dans les jardins.

Picaflor et compagnie

On y retrouve une quarantaine d’espèces de Colibris et dans certains pays son nom commun est Picaflor. À l’image de ce petit gourmet amateur du nectar des fleurs, Jean-Pierre lui rend hommage par un poème coloré et fort joli. Alors qu’il nous relate la vue d’un grimpar, un des oiseaux qu’il aperçoit pour la première fois, Alain nous raconte une anecdote concernant un Pélican brun. Avec une pointe d’humour, il enchaîne « j’ai vu la différence entre un photographe et un ornithologue en observant ce pélican et plusieurs autres sur le bord de l’eau. Le photographe en moi aurait pris 200 photos d’un seul d’entre eux alors que Jean-Pierre voulait en lifer plusieurs ». En terme ornithologique, lifer signifie une première observation pour un naturaliste.

Certains oiseaux que l’on retrouve chez-nous passent l’hiver au chaud comme le Chevalier grivelé, le troglodyte ou le Courlis corlieu que l’on peut observer aussi dans le golfe du Saint-Laurent. Avec des détails physionomiques précis, plusieurs autres volatiles furent mis en lumière par notre conférencier. Dans son journal de bord dont il nous partage quelques lignes à la vue du Toucan à carène ou arc-en-ciel « C’est un oiseau majestueux, qui penche souvent la tête de gauche à droite, sa vision binoculaire est réduite à cause de la proéminence de son bec. En tournant ainsi la tête, il saisit mieux ce qui l’entoure. Cet omnivore est respecté par ses semblables. Il peut aussi être un redoutable prédateur, notamment envers l’agouti, ce mammifère rongeur ». Sans oublier certains autres spécimens animaliers, en passant par les singes-araignées ou les capucins et leur légendaire curiosité ou l’impressionnant singe-hurleur, mais pas dangereux. Certains papillons comme le Papillon œil-du-tigre ont également attiré le regard de nos aventuriers.

Jean-Pierre et Alain un duo fort intéressant

Le tout s’est terminé avec des photos atmosphère et une musique locale propice à la zénitude. Comme pour boucler la boucle, une des dernières images fut celle de l’Organiste à capuchon, un passereau au plumage distinctif au très beau chant. De chauds applaudissements ont suivi cet exposé. À travers la lentille photographique d’Alain et les yeux observateurs de Jean-Pierre, les gens ont pu mesurer la qualité de cette conférence et repartir avec une nichée d’informations. Ces deux amis qui se connaissent depuis les années 70 ont su jumeler leurs habiletés distinctes afin de nous dresser un tableau fort intéressant de leur envolée costaricaine.

 C’est avec plaisir que Jean-Pierre et Alain ont répondu à quelques questions.

M.T. Quel est l’oiseau pour lequel tu as eu un coup de cœur et pourquoi ?

J-P.F. Le Merle fuligineux. Une vraie apparition! Par ses couleurs qui contrastaient avec le vert du sentier tapissé de mousses et de fougères.

A.G. Je dirai le trogon, un oiseau inattendu. Ce n’est pas le quetzal ou un toucan. Il semble avoir une double personnalité qui le rend sympathique:  vue de dos il affiche une superbe robe bleu foncé, il est calme et semble curieux. Vue de devant il nous surprend par sa poitrine jaune et sa queue maculée de blanc. Il semble alors nous défier d’un profond regard.

M.T. Qui a instauré ce projet et pourquoi ?

J-P.F. Georges Désilets me parle du Costa Rica depuis deux ans ou plus. J’ai attendu avant de réaliser un vieux rêve, celui de me rendre dans cet endroit de la biodiversité.

A.G. C’est Jean-Pierre. Il a été en contact avec Georges Désilets qui habite l’été à proximité de chez lui et qui demeure au Costa-Rica en hiver depuis plusieurs années. Il a reçu une invitation de Georges d’aller le visiter. Je crois que mon expérience en voyage rassurait Jean-Pierre. Nos habiletés se complètent bien, lui l’ornithologue et moi un passionné de photographie.

M.T. Qu’est-ce que cette expédition t’aura apporté ?

J-P.F. Cela m’a apporté une source d’inspiration, d’émerveillement lors de chaque excursion, au contour de chaque sentier.  Quelle joie de découvrir de nouvelles espèces de plantes et d’oiseaux jamais vues auparavant.

A.G. Cela m’a permis de redécouvrir un pays magnifique béni par une faune exubérante.  J’ai aussi pu faire équipe avec Jean-Pierre pendant ces 2 semaines avec une grande joie au quotidien.

M.T. Que retiens-tu de cette expérience au Costa Rica ?

J-P.F.  Que les Ticos sont sympathiques et assez zen.  Qu’il faut plus d’un voyage pour découvrir les nombreuses richesses naturelles de ce pays aux paysages époustouflants.

A.G.  Nos talents respectifs associés aux contacts locaux de Georges nous ont permis de vivre un voyage d’exception.  Nous avons pu avoir des contacts avec un peuple dont la philosophie de vivre est « Pura la vida », ce qui pourrait se traduire par le bonheur et la tranquillité.