
Quelques minutes avant le départ du marathon du Médoc en septembre 2025 avec un groupe d’amis sommeliers et restaurateurs du Québec.
Né en 1965 à Montréal-Est, François Péloquin a passé une belle jeunesse avec ses deux frères et ses parents non loin du Stade olympique. Il se souvient d’ailleurs d’une magnifique construction qu’il a vu grandir. Du haut de ses 10 ans, il s’immerge dans l’ambiance des compétitions, plus particulièrement celles de water-polo et d’athlétisme. Le sport et l’art s’invitent à son éveil : au lendemain de ces olympiades de ‘76, il profite du stade pour aller à la piscine et faire de la planche à roulette tout en admirant la sculpture-fontaine La Joute, œuvre de Jean-Paul Riopelle, située à l’époque au coin de Pierre-De Coubertin et Pie IX. François Péloquin a de très beaux souvenirs de son enfance durant laquelle il a découvert les valeurs et la richesse d’une vie de quartier.

Avec l’ami Léon Femfert de chez Nittardi… un formidable vigneron qui fait de délicieux Chianti.
1980 : L’année d’une nouvelle vie

Le déménagement de la famille Péloquin à Saint-Sauveur en 1980 est synonyme d’une nouvelle vie pour le jeune adolescent de 15 ans. Il y établit ses pénates l’été de sa rentrée scolaire en Secondaire 5. François se fait des nouveaux amis. Il se découvre des habiletés athlétiques qu’il ne connaissait, joue au football au sein de l’équipe de l’école et fait du ski. Il se développe dans le sport ce qui lui permet de prendre confiance en lui. Mais surtout, il décroche son premier emploi au restaurant Le Jacquard sur la rue de la Gare. En plus d’avoir le plaisir de pouvoir s’acheter de beaux chandails et souliers de course, Francois Péloquin débute une carrière insoupçonnée dans le domaine de la restauration. Il débute en tant que plongeur. Rapidement, il constate que le cuisinier gagne plus d’argent et se met aux chaudrons. Puis, il réalise que le métier de serveur est encore plus payant et débarque en salle. C’est ainsi qu’aux côtés de la propriétaire, madame Aubry qui lui a tout appris et qu’il considère comme sa deuxième mère, François Péloquin évolue pendant 10 ans avec des grands cuisiniers et administrateurs pour devenir le gérant du restaurant du haut de sa vingtaine.

François qui pose avec un groupe d’élèves de son école à Piedmont
Un parcours professionnel tracé, destination finale Saint-Hippolyte
François Péloquin décide de se lancer en affaires et fait l’acquisition en 1989 de son restaurant le Bistrot Saint-Sauveur. Le succès est à son comble et tel qu’entendu avec son épouse, il vend 5 ans plus tard. Pendant cette période, il décoche son diplôme de sommelier à l’École Hôtelière des Laurentides. Après avoir travaillé sans cesse de l’âge de 15 ans à 36 ans, François Péloquin prend une pose de six mois. Mais voilà qu’une nouvelle porte s’ouvre, nulle autre que celle du Bistro à Champlain. « C’était vraiment fantastique ! J’ai eu la chance de connaître pleins de vignerons et de déguster tous les grands vins du monde ! Tous les grands vins, je les ai tous goûtés ! » confie-t-il avec un grand sourire et les yeux pétillants. Trois années supplémentaires d’expérience qui ont eu un impact sur ce qu’il allait devenir en 1997 jusqu’à aujourd’hui, le directeur général de l’Auberge Morency dont la réputation n’est plus à faire.

En entrevue avec le journaliste Frédéric Arnould de Radio-Canada sur la ligne de départ du marathon du Médoc à Bordeaux.
Rien de plus beau que le partage
« J’ai fait du développement pendant des années et j’aime ça. Mon but dans la vie, c’est de faire vivre des moments extraordinaires » explique François Péloquin qui est tombé en amour avec le métier de sommelier pour une de ces raisons : le partage. Il définit le vin comme un tout. « Ça commence par une personne dans une région qui essaie de faire du vin, qui l’élève, qui le partage, pour qu’ensuite il soit partagé à nouveau entre amis avec des mets qui s’accordent. Il y a une dimension artistique et ça prend de la sensibilité ». Plutôt fier de son bilan professionnel, il est heureux d’avoir participé à la mise en valeur de Saint-Hippolyte et d’avoir fait travailler de nombreux jeunes qui ne manquent pas de le saluer lorsqu’ils le rencontrent, une marque de reconnaissance qui lui donne un petit velours.
À la veille de sa retraite, François Péloquin a bien des projets qui sont déjà en route. Depuis 25 ans, il enseigne le karaté, un sport qu’il affectionne car il permet de se développer puis de s’améliorer à son propre rythme. À travers le karaté, il prend beaucoup de plaisir à voir les enfants sortir de leur cocon pour faire exploser leur personnalité. Il confie avec satisfaction qu’il vient d’avoir son premier élève qui a obtenu la ceinture noire.
Et puis, il y a son fils, Félix, qui est tombé dans la marmite. Sommelier de métier, il suit les traces du paternel qui lui explique les rouages du fonctionnement de l’Auberge Morency.
Pêcheur dans l’âme, François Péloquin est un fervent de la pêche à la mouche. Comme le karaté, c’est une question de rythme. Il n’est pas essentiel de prendre du poisson, il se contente d’un beau lancer, exécuté avec précision, car regarder quelqu’un qui pêche à la mouche c’est être exposé à un art ! Parlons d’art : son artiste québécois préféré est nul autre que Jean-Paul Riopelle, la découverte de son enfance à Montréal-Est, qu’il a pu côtoyer à travers les toiles faisant office de décor au Bistro de Champlain pendant trois ans et qu’il en apprécie quotidiennement la puissance qui s’y dégage après avoir fait l’acquisition de deux lithographies signées.
Le projet ultime de François Péloquin ? Son petit-fils Milo âgé de 16 mois. Il a hâte de lui montrer à skier, de satisfaire la curiosité qu’il manifeste.
À la question quelle est votre saison préférée, il n’est pas surprenant que la réponse spontanée a été le printemps, symbole du beau vert tendre que déploient les arbres avant de venir à maturité, tel un projet sur la table à dessin pour le développer et le partager.

