Diantre! Non seulement il faut se maintenir à jour de tous les progrès technologiques constants, mais, par extension, s’adapter à l’évolution perpétuelle de la langue française. Ce qui fait une des richesses de la langue française, pardieu, est sa facilité de suivre les tendances en créant rapidement de nouveaux mots et de nouvelles expressions. « Ce qui fait l’homme, c’est sa grande facilité d’adaptation », énonçait Socrate, il y a plus de 2000 ans. On le voit quotidiennement avec les effets de la pandémie de la COVID-19.

 

Dans un passé qui nous semble pourtant récent, nous utilisions constamment des expressions ou des mots qui sont devenus périmés, désuets, caducs, obsolètes. Il y a quelques années, par exemple, nous entendions lier à toutes les sauces : courir la galipote, en catimini, agrès, barniques, c’est parti mon kiki, ça boume, tataouinage, chouclaque, belle lurette, mauzusse, ne lâche pas la patate, déguédine. Ces expressions uniques étaient colorées, nom d’une pipe, et faisaient partie de notre quotidien. Mais voilà, nous sommes maintenant inondés de nouveaux termes et on se doit, mazette, de s’adapter avec le nouveau vocabulaire afin de suivre les développements et surtout comprendre ce qui se passe.

 

L’Internet et son utilisation ont provoqué, pardi, une vague de fonds linguistique qui génèrent de nouveaux mots : tweeter (ou gazouiller) en utilisant des émoticônes, selfie (ou égoportrait), souris et ver (rien à voir avec un animal), chatter, téléverser, antispam, hameçonnage, blog, bog, log, bit, zip, web. On tente malgré tout, saperlipopette, de les franciser : mais la lutte est franchement ardue face à l’introduction presque quotidienne de nouvelles améliorations technologiques principalement en anglais. « C’est l’étonnement qui nous oblige à évoluer », nous a dit Edgar Morin.

 

Toutefois, la langue française résiste et ne faiblit pas grâce à une capacité de créations ingénieuses de termes qui sont précis pour bien décrire la nature du mot. Il faut maintenant se familiariser, sapristi, à une panoplie toujours croissante de nouveaux termes comme adulescent (un adulte adolescent), théorie du complotisme, climatosceptique, divulgâcheur (connaitre la fin… non!), inclusif, millénial, traceur, cryptomonnaie comme le Bitcoin, exfiltrer, vendredi fou (ou black Friday), entomophage, covoiturer, pirater.

 

Il faudrait aussi parler des mots qui existaient auparavant, mais qui reprennent vie comme le confinement, grave, genre, distanciation. Comment pouvons-nous passer sous silence les abréviations qui sont devenues des expressions usuelles comme les forces onusiennes, les caquistes, les cégépiens, les ufologues, uberiser? « Curieuse langue française, et prophétique, qui fait commencer l’amour comme la guerre par une déclaration », énonce Jean Simard.

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