
Miya Yuki Comte Desjardins et Émilie Lefrançois ont été engagées par le Conseil régional de l’environnement des Laurentides afin d’offrir une assistance technique aux riverains de Saint-Hippolyte dans une optique d’accompagnement et de soutien. Le mandat de ces deux jeunes bachelières s’est échelonné du mois de mai au 28 août. C’est Geneviève Simard, directrice du Service de l’environnement, qui orientait leur travail et leurs interventions.
J’ai rencontré MiyaYuki et Émilie le 4 septembre, afin de connaître comment s’est déroulé leur été à Saint-Hippolyte.
Principales activités auprès des résidents
L’approche favorisée par nos agentes de liaison en était une d’information et d’aide et certes pas une approche coercitive ou punitive. Il est à noter qu’elles n’étaient pas engagées en tant qu’inspectrices de bandes riveraines. Elles ont fait du porte à porte en laissant des lettres qui décrivaient quel était leur rôle. Ces lettres pouvaient être remises à des personnes qui avaient, par le passé, reçu un avis d’infraction relativement à leur bande riveraine. Elles ont aussi précisé qu’elles ont offert une aide appréciée aux résidents anglophones qui ne comprenaient pas parfaitement la documentation reçue en français. Plusieurs nouveaux propriétaires les ont également contactées pour connaître la façon de faire lorsqu’ils deviennent riverains tout en voulant respecter les normes environnementales.
Ce que nous remarquons en premier lorsque nous sommes en présence de Miya Yuki et d’Émilie, c’est leur esprit positif, leur empathie envers les autres et leurs connaissances éprouvées en ce qui a trait aux règlements touchant la qualité de l’environnement. Elles sont aussi capables d’identifier nombre d’espèces de plantes et d’animaux qui vivent sur nos lacs ou à proximité des plans d’eau.
Ce qu’elles ont appris sur nos lacs et autres cours d’eau
Nos deux agentes ont appris à quel point il fallait se rendre disponibles et s’intéresser aux gens d’ici. En participant à des activités autour des lacs, comme des assemblées annuelles ou bien des tournées en canot afin de procéder à la recherche de plantes exotiques envahissantes, elles ont compris que chaque lac de Saint-Hippolyte exerce un effet rassembleur et que les gens s’identifient à leur lac, ce qui représente pour eux une grande fierté. Il y a eu de bonnes nouvelles… Comme ces lacs, qui ont vu leur taux de phosphore diminuer et la profondeur de la transparence de l’eau augmenter. Tôt ou tard, les efforts concertés donneront des résultats. Une prise de conscience est de plus en plus visible.
Enjeux auxquels les résidents,auront à surmonter dans,les années à venir
Selon nos agentes, la lutte aux plantes aquatiques exotiques envahissantes sera au programme pour les années à venir. L’enjeu de taille sera de limiter la propagation de ces espèces qui prolifèrent sans contrôle. Et les lacs qui peuvent empêcher leur arrivée devront vérifier si les plantes aquatiques présentes autour de leur lac sont toutes des espèces indigènes.
Un autre défi sera de respecter éventuellement les normes environnementales au niveau provincial concernant la bande riveraine qui est passée de 5 mètres à 10 mètres du cours d’eau. La communication entre les résidents aide à transmettre la bonne information. Il faudra aussi porter une attention particulière au développement immobilier en relation avec les bassins versants. Les constructions en montagne peuvent présenter des défis de taille, car elles peuvent induire le ruissellement vers le bas de la pente, donc vers les lacs limitrophes.
Les coups de cœur de MiyaYuki et d’Émilie
Miya a beaucoup apprécié circuler sur les lacs et d’y voir les Plongeons huards apparaître. Elle a observé que plusieurs de nos lacs hébergent leur couple de huards.
De son côté, Émilie a aimé rencontrer les riverains, les associations de lacs et certaines des familles fondatrices de Saint-Hippolyte pour qui leur lac est un joyau. Elle a aussi eu un coup de coeur pour deux plantes aquatiques qu’elle a vues en pleine floraison : la Pontédérie cordée ainsi que la Sagittaire à larges feuilles.
Comment se déroulera votre année, de septembre au printemps prochain ?
Miya Yuki est détentrice d’un B.Sc. en biologie de l’Université de Montréal. Pour elle, c’est sa deuxième année comme agente de liaison au CRE Laurentides. L’été dernier, elle
travaillait dans le secteur de Wentworth. Miya demeurera au CRE Laurentides cet automne et fera partie de l’équipe permanente. Elle pense s’inscrire à la maîtrise à compter de l’hiver prochain soit en limnologie ou en océanographie.
Pour Émilie, elle a complété un B.Sc. en géographie environnementale à l’Université de Montréal. Comme elle demeure à Laval, elle va travailler pour l’organisme Canopée jusqu’à la fin du mois d’octobre. Cet OBNL s’occupe entre autres du réseau des boisés dans la ville et du verdissement urbain. Et dès le mois de novembre, Émilie, grande aventurière, ira parcourir 3 000 km en Nouvelle-Zélande pendant une centaine de jours, avec son attirail de camping sur le dos et ses bottes de marche aux pieds. Par la suite, elle songe à travailler dans le domaine de l’environnement ou bien effectuer une maîtrise en enseignement. Merci à Émilie et à Miya Yuki pour leur temps, l’éclat dans leurs yeux et leurs réponses pertinentes. Bon parcours de vie à toutes les deux et au plaisir de les croiser de nouveau à Saint-Hippolyte !

