Si en avril tu ne dois pas te découvrir d’un fil, le mois suivant, par contre, selon le vieil adage, est plus relax avec cette admonestation vestimentaire en mai, fais ce qui plaît. Plus besoin de s’emmitoufler lors de vos sorties à l’extérieur du domicile, fussent-elles restreintes en cette période pandémique quelque peu surréaliste.

 

Normalement, ce mois se situe au plein cœur du printemps, où les arbres et les fleurs verdissent et s’épanouissent, après le long assoupissement hivernal. C’est véritablement le réveil de la nature, tout va revivre au grand soleil. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si, dans le calendrier républicain utilisé en France révolutionnaire de fin 1792 au 1er janvier 1806, deux mois, Floréal et Prairial, se le partagent. On aura reconnu les fleurs et les prés, symbolisant le renouveau, la renaissance.

 

D’aucuns, surtout parmi les aînés, se souviendront que c’était le mois dédié à la dévotion mariale. C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, scandait le refrain de ce cantique religieux. On entend souvent dire, et avec raison, le joli mois de mai.

 

Cinquième mois de l’année, entre équinoxe et solstice, le mois de mai tirerait son appellation de la déesse italique Maïa, épouse de Vulcain, le dieu de la forge, du feu et des volcans chez les Romains. Formellement, il dérive du latin maius mensis (mois de Maïa). La déesse représentait l’éveil de la nature et la fécondité de la terre.

 

Il est revenu le temps du muguet, entonne Francis Lemarque à la fin des années 1950, une libre adaptation d’une chanson russe déjà populaire à l’époque, Les nuits de Moscou. On offre, encore aujourd’hui, un petit bouquet de muguet le premier mai à un être cher. Cette date souligne également la fête des Travailleurs, en dehors des États-Unis et du Canada. Le 8 mai commémore la fin de la Deuxième Guerre mondiale sur le théâtre européen en 1945. Et Mai 1968 mérite la majuscule en France, marqué qu’il fût par un vaste mouvement de revendications sociales étudiantes et ouvrières. Au Québec, on y célèbre le deuxième dimanche du mois la fête des Mères, et le troisième lundi du même mois souligne simultanément la fête nationale des Patriotes, la fête de la Reine et la fête de Dollard.

 

Il n’existe, à ma connaissance, aucun dérivé du terme mai.

 

Voici quelques bons mots intégrant le mois de mai. Tristan Bernard (1866-1947), écrivain français, considère que mai, avec ses confrères janvier, mars, juillet, août, octobre et décembre sont des mois élégants : ils se mettent sur leur trente et un (31). Un proverbe belge n’hésite pas à affirmer, juste pour rire ou sourire Quand le merle chante en mai, avril est fini! Une jeune romancière française, Émilie de Turckheim, a publié en 2014 Le joli mois de mai, un polar grinçant.

 

On sait aussi que mai voit la floraison du lilas, cet arbuste odoriférant associé étroitement à l’installation du printemps pour de bon, au retour des beaux jours. Le dramaturge Marcel Dubé nous a offert la pièce de théâtre Le temps des lilas en 1958. Paul Arel, compositeur de musique de chez nous, nous offrait, lui, en 1952, le même titre dans les Cahiers de la bonne chanson.

 

Je vous donne rendez-vous le mois prochain.

 

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