À mon avis, à 77 ans, le plus grand bonheur que peut vivre un homme consiste à travailler, être aimé et être reconnu comme un contributeur au bien commun.

Il doit gagner sa vie en ayant en tête la vieille maxime qui devrait être écrite à l’entrée de toutes les écoles : « Il n’y a pas de sot métier. » Pour Platon, celui qui occupe sa place dans la société, quelle qu’elle soit, doit être respecté. Le bonheur consiste simplement à faire bénéficier l’ensemble de la société de ses talents et compétences. Il n’existe pas de plus grand devoir pour un homme devenu père, que d’élever ses enfants, de prendre ses responsabilités, de s’oublier et de consacrer presque tout son temps libre à ses enfants.

Pour sa petite fille, il sera celui qui fera tout pour la rendre heureuse. Il l’aidera pour ses débuts à bicyclette. Il l’encouragera à s’instruire, à se trouver un emploi valorisant, à réaliser de grands projets et peut-être, un jour, fonder une famille. Il la mettra en garde contre les menteurs et l’assurera que ce ne sont pas tous les hommes qui le sont. Il la soutiendra à franchir les grandes étapes de la vie, surtout celles qui seront difficiles.

Pour son petit garçon, il sera un guide qui l’aidera à se réaliser, à faire œuvre utile. Il lui apprendra à respecter les autres et à se comporter en gentilhomme, l’importance de vivre en harmonie avec sa famille, d’être conciliant avec ses collègues de travail et empathique avec l’ensemble de la société. Comme les petits garçons imitent leur père, le meilleur conseil qu’il pourra lui donner dans son choix de vie, sera d’être lui-même un exemple à suivre.

Les enfants devenus grands

Et finalement, rendu au soir de sa vie, il aura le bonheur de voir ses enfants et petits-enfants le visiter et prendre soin de leur mère. Ils leur serviront de « bâton de vieillesse » et agrémenteront leurs vieux jours. Vieux, ils récoltent ce qu’ils ont semé. En terme comptable, le père aura consacré vingt-cinq années de sa vie à élever ses enfants. Un beau rendement! Tous n’auront peut-être pas la joie de devenir pères, mais ils pourront adopter ou jouer le rôle d’oncle, de grand frère, d’entraîneur dans un sport ou dans un organisme de bénévolat.

C’est lorsqu’ils deviennent eux-mêmes parents que les enfants réalisent l’importance d’un père. Félix Leclerc l’a bien décrit dans Le Père dont voici un extrait :

Et on le faisait taire

Dans sa propre maison

Il n’avait pas raison

Cet étranger le père

Ennemis nous étions

Sur tout ce qu’il faisait

Sur tout ce qu’il disait

Toujours la dérision

Que s’était-il passé?

Nous n’y comprenions rien:

Tant de gens étrangers

Pleuraient sur le chemin

C’était facile à voir

Ils saluaient un roi

Et nous étions soudain

Ses fils, des pauvres nains

Le géant était mort:

Un trou dans le pays