Faisant partie de la série saison estivale, l’unique Claude Dubois venait présenter Dubois solide en liberté les 15 et 16 août au Théâtre Gilles-Vigneault. Ces supplémentaires affichaient complet, et pour cause, quand on sait combien cet auteur-compositeur et interprète est apprécié de tous. Artisan des mots dont la plume est remarquable, Claude Dubois est aussi un être qui véhicule tellement de beaux sentiments à travers ses compositions. Son œuvre est grande et le public présent arborait une mine réjouie en attendant que le rideau se lève.

L’univers intemporel de Dubois

Les quatre musiciens sont en place et Claude apparaît, chaudement accueilli par l’auditoire. Il débute avec Le Labrador qu’il a écrit en 1972. Cette superbe pièce,, devenue un classique de la chanson québécoise, reflète la réalité des pionniers du début du siècle. Les étés et les hivers de cette région sont mis en lumière par ces paroles qui évoquent l’amour de la nature et le respect des cultures autochtones. Il nous ouvre son coffre aux trésors en poursuivant avec Bébé Jajou Latoune, Femme de Société, L’infidèle, Pas question d’aventure et plusieurs autres. Par le sourire de Claude, on constate qu’il est content d’être parmi nous et de chanter et il nous dit « Je ne parlerai pas beaucoup, mais je ferai plus de tounes. Je vais faire une chanson triste, question de casser le party ».Il poursuit avec Apocalypse aux résonances, en effet, plus sombres et il allège avec Les petits cailloux.

Une grande signature

Comme un album souvenir, on se remémore des titres marquants que Claude nous transmet. Dès les premières notes, on identifie l’inoubliable Comme un million de gens. Ce grand succès que Claude créa en 1966est devenu un classique reconnu pour son message social et politique. Il nous invite à l’accompagner pour la si douce Plein de tendresse et la chorale improvisée du théâtre ne se fait pas prier pour s’exécuter. Il arrive qu’un auteur interprète quelque chose qu’il n’a pas écrit et c’est le cas avec Pauvre Rutebeuf de Léo Ferré. Grâce à la sensibilité de Claude, ce poème chanté prend tout son sens. Avec légèreté ce dernier s’adresse à la salle « les gars, vous pouvez siffler, mais la même toune que moi » et l’assistance entonne les premières lignes pour Femmes de rêve avec le refrain. On constate que l’artiste est heureux d’entendre cela et il ajoute en souriant « C’est vous qui chantez et c’est moi que vous applaudissez… ». Lorsqu’il s’installe pour J’ai souvenir encore, la sentinelle du théâtre (lampe qui reste allumée et symbolisant la reconnaissance culturelle) descend à ses côtés et reste près de lui lors de son interprétation. À la dernière note, la sentinelle remonte nous laissant l’impression d’avoir partagé un moment particulier avec Claude.

Besoin pour vivre et plus encore

Pendant près de deux heures, Claude, qui était très en forme vocalement, nous a offert plus de 20 mélodies. Il nous présente Le Blues du businessman de Luc Plamondon et Michel Berger. Dans le texte il est dit « j’aurais voulu être un artiste »,ce qui est totalement opposé à Dubois. Avec sincérité, il remercie les techniciens, son agente, ses fabuleux musiciens et les spectateurs. Il clôture avec La chasse-galerie qui évoque les traditions du folklore québécois. Mais, suite à une remarquable ovation, il se ravise et dit« je vais en faire une dernière si vous la faites avec moi » et avec Besoin pour vivre,il nous embarque complètement. Lorsque les gens quittent, ils chantent à répétition ♪♫YéyéyéWho–ou–who–who ou–whoyéYéyéyé ♫♪et ce, jusqu’à l’extérieur de la salle.C’était une façon originale de démontrer leur appréciation qui pourrait être exprimée verbalement par :ce soir,c’était du solide Claude Dubois!

Pour infos : theatregillesvigneault.com