« Le cœur a des raisons que la raison ne connaît point », a énoncé Blaise Pascal.

 

Nous faisons appel, dans toutes les formes de réflexion et de décision que nous devons prendre, soit à notre cerveau (ou tête ou raison) ou soit à notre cœur (ou sentiment ou passion). Nous sommes, par conséquent, confrontés continuellement par le duel olympien, le conflit dantesque, la collision inqualifiable, le combat apocalyptique, la dualité de type yin et yang, ping et pong, ding et dong, King et Kong, entre le cœur et le cerveau. Cet affrontement raison (ithos)/passion (pathos) peut sembler anodin ou subliminal, mais il est perpétuellement présent et souvent la source de soucis et de rivalités.

 

Acheter à crédit un objet tant désiré (cœur) ou faire des économies pour les coûts additionnels occasionnés par la rentrée des classes (cerveau), utiliser les réserves monétaires personnelles pour faire une croisière (cœur) ou réparer la clôture autour de la maison (cerveau), sont des exemples du genre de dilemme auquel nous faisons souvent face. « C’est au cœur à fournir les sentiments, mais c’est à l’esprit de les agencer », affirme sans équivoque Bonaventure d’Argonne.

 

Pour en avoir le cœur net, il faut s’en donner à cœur joie afin de cerner, en allant droit au cœur, les éléments qui, d’un côté nous tiennent à cœur ou nous donnent un coup de cœur, et d’un autre, sans en faire à sa tête, éviter de foncer tête baissée ou montrer que vous êtes tombé sur la tête, pour n’avoir en tête, tout en gardant la tête froide, que les facteurs essentiels en vue d’une réflexion posée. Il faut parfois avoir un cœur de pierre pour éviter un coup de tête et accomplir une action malencontreuse causée par une réflexion faussée.

 

Il faut se faire une raison, car le débat entre la raison et la passion fera toujours naître une tension, car les passions ont leur siège dans le cœur tandis que la raison d’être du cerveau est de froidement analyser le pour et le contre. Raison de plus pour bien soupeser chacune des questions, auquelles nous faisons face avec un certain recul, fuyant les élans de la passion, mais affrontant en tête à tête les exigences requises pour une décision équilibrée.

 

Les pensées, même abstraites, doivent rappeler que le cerveau est irrigué par le cœur », nous mentionne Maurice Chapelan. Par conséquent, pour en venir à une bonne décision, il faut bien réfléchir et bien écouter les arguments que vous dictent le cœur ET le cerveau. « Savoir écouter, c’est posséder, outre le sien, le cerveau des autres », nous déclame Léonard de Vinci. Que faire sinon de tenter de rechercher un équilibre, le plus parfait possible entre les deux, cœur ou cerveau.

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