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En forêt, comment respecter les animaux sauvages ?

Une des grandes joies associées à la fréquentation d’un milieu naturel est de pouvoir y observer des animaux sauvages. Mais pour s’assurer que notre présence ne perturbe pas indûment leurs activités normales, il y a quelques règles à respecter.

 

Garder nos distances

Il est primordial en nature de garder nos distances avec les animaux. Une saine distance permet aux animaux de vivre en toute quiétude. Elle nous permet aussi de poursuivre nos activités en sécurité. La règle du pouce peut nous aider à garder une bonne distance et à nous éloigner suffisamment pour laisser le champ libre à la faune. Cette méthode sert à évaluer la distance minimale à respecter entre nous et les animaux. Il faut simplement lever le bras devant nous, fermer un œil, serrer le poing et lever le pouce en l’air. Ensuite, on recule jusqu’à ce que notre pouce cache complètement le corps de l’animal. Plus l’animal est gros, plus nous devrons nous éloigner.

 

Quand on observe la faune, il faut également rester à l’affût de signes qui traduisent un stress chez l’animal. Par exemple, si l’animal a le poil dressé sur le dos, s’il interrompt ses activités, s’il a les oreilles couchées vers l’arrière, s’il pousse des cris d’alarme, il faut rebrousser chemin ou faire un détour. Il ne faut surtout pas forcer l’animal à s’enfuir. Il est en outre primordial de ne pas toucher aux animaux. Certains parents laissent leurs rejetons seuls pendant qu’ils se nourrissent ou qu’ils chassent. Il faut résister à la tentation de « sauver » ces jeunes animaux. Les nouveau-nés ayant été touchés par des humains ou déplacés pourraient être abandonnés par leurs parents. Il ne faut pas non plus toucher un animal blessé. Les animaux malades ou blessés peuvent être dangereux : ils peuvent mordre, donner un coup de bec ou griffer. Dans le cas où l’on trouve un animal blessé, il vaut mieux avertir le gestionnaire de l’aire protégée ou un garde-parc.

 

Respecter la tranquillité des lieux

En forêt, fermons la sonnerie de notre cellulaire et attendons d’être revenus à la maison pour décrire à nos amis comment s’est passé notre semaine ou leur raconter notre dernière séance de magasinage, la dernière série télé que nous avons écoutée ou nos déboires avec la compagnie de câble. Traitons la forêt comme une cathédrale verte. Et pensons aux autres marcheurs qui, eux, fréquentent peut-être la forêt pour profiter de son silence. De toute façon, la meilleure manière d’observer la faune est de sillonner les sentiers dans le calme et en petits groupes d’au plus six personnes. Les mouvements brusques et les bruits forts perturbent la faune.

 

Il y a une exception à la règle du silence : dans les territoires habités par les ours, il vaut mieux faire un peu de bruit pour ne pas prendre l’animal par surprise. Nous pouvons aussi préserver la quiétude visuelle et olfactive des lieux en portant des vêtements de couleurs sobres et en évitant de mettre du parfum (préférer par exemple des insectifuges inodores).

 

Ne pas nourrir la faune sauvage

Nourrir un animal sauvage peut avoir des conséquences très néfastes pour sa santé et sa survie. La nourriture donnée est rarement adaptée à ses besoins. Nourrir un animal exige bien entendu de s’en rapprocher et donc de ne pas garder ses distances. Un animal nourri fréquemment peut perdre sa peur des humains et son instinct de chasse, ce qui peut compromettre ses chances de survie. Il risque aussi de ne plus enseigner la façon de trouver de la nourriture à ses petits. Cela peut par ailleurs mettre carrément sa vie en péril : il peut être blessé ou tué sur la route ou par des prédateurs en se déplaçant pour trouver la nourriture dont il est devenu dépendant. Il est aussi possible de nourrir un animal sauvage à son insu. D’où l’importance de ne laisser aucun reste de collation ou de lunch sur les lieux de notre escapade.

 

Partir les mains vides et sans laisser de traces

Une autre règle pour éviter d’incommoder la faune est de ne pas déranger son habitat. Les feuilles, les tas de branches, les pierres, les troncs d’arbres morts servent souvent d’abris aux animaux. En dérangeant un habitat, on peut obliger un animal à trouver un autre refuge pour se cacher des prédateurs, pour se protéger du froid ou pour mettre bas et élever ses petits. On conseille également aux randonneurs de s’éloigner des endroits clairement fréquentés par un animal. Les traces sur la neige, l’entrée d’une tanière, un trou récemment excavé dans un arbre peuvent être les indicateurs qu’une petite vie animale est toute proche. Une autre façon très simple de respecter l’environnement de la faune est de rester dans les sentiers. Qui sait si nous ne piétinons pas une plante qui serre de nourriture à la faune ou le nid d’un oiseau ou d’un insecte quand nous sortons des chemins balisés ?

 

Il faut se souvenir que dans la nature, les animaux sont chez eux. Les humains sont les visiteurs. Nous pouvons facilement devenir une source de stress pour la faune sauvage. Et qui dit stress, dit moins de résistance au climat et moins d’énergie pour trouver de la nourriture ou pour se défendre contre les prédateurs. Qui dit stress, dit donc moins de chance de survie. Se conformer aux quelques règles ci-dessus augmente non seulement les chances de survie des animaux, mais accroît aussi la probabilité de pouvoir profiter des merveilles de la nature encore longtemps.

 

À propos du CRPF

Le Comité régional pour la protection des falaises œuvre depuis 2003 pour la protection et l’utilisation écoresponsable d’un territoire de 16 km² doté de caractéristiques écologiques exceptionnelles et s’étendant derrière les escarpements de Piedmont, de Prévost et de Saint-Hippolyte.

 

Sources :

Respect pour les animaux sauvages : https://outaouaispleinair.ca/trucs/respect-pour-les-animaux-sauvages/

Sans trace Canada : https://www.sanstrace.ca/accueil

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