Au fil du temps… les saisons – le printemps

La plupart d’entre nous l’attendent avec impatience, particulièrement quand l’hiver a été plutôt rude. Ce n’est pas tout à fait le cas, cette année toutefois. Nous abordons le mois de mars où s’inscrit le début officiel du printemps, au niveau du calendrier du mois. La saison du réchauffement s’étend de l’équinoxe vernal (21 mars) jusqu’au solstice d’été (21 juin). Elle est marquée par une clarté prolongée, un mercure à la hausse et la reprise de la végétation.

 

Le terme printemps comporte aussi un sens figuré. Il réfère alors à la jeunesse, ou même à l’adolescence. On dira volontiers « notre jeune cousine nous a quittés au printemps de sa vie ». Il évoque aussi le renouveau, la renaissance. Par exemple, on pourra écrire, à propos d’un organisme ou d’une entreprise, que « l’arrivée de nouveaux membres récemment a insufflé un air de printemps, un souffle de fraîcheur à notre programme d’activités ».

 

Il peut aussi s’appliquer à une période d’agitation populaire dans le domaine social et politique, dans une quête de réformes, de progrès et d’épanouissement. Bien des gens se souviennent du printemps de Prague, en 1968, empreint d’un vent de libéralisation et d’espoir, réprimé militairement en août de la même année. Plus récemment, en 2011 principalement, on a assisté au printemps arabe, un mouvement à la recherche de renouvellement et d’ouverture dans la société de plusieurs pays arabes. Chez nous, au Québec dans la première moitié de 2012, les grèves étudiantes ont ponctué des mois de manifestations qu’on a qualifiées de printemps érable.

 

Voyons d’abord l’origine du mot printemps. Il provient du latin primus tempus, se traduisant par premier temps, première saison. En effet, à l’époque antique romaine, l’année du calendrier julien (instauré dans le sillage des réformes de Jules César) débutait en mars. Nous en avons conservé des reliquats puisque nous avons retenu encore aujourd’hui la désignation des quatre derniers mois de notre année comme étant les septième, huitième, neuvième et dixième mois (septembre, octobre, novembre, décembre). Mais, si on y regarde de plus près, l’appellation peut rester avérée aujourd’hui aussi. Car le printemps reste la première saison qui commence dans notre calendrier contemporain, l’hiver ayant entamé son cours formel en décembre.

 

Il y a très peu de dérivés du mot printemps. On les compte sur les doigts de la main. Le plus connu, bien sûr, est l’adjectif printanier, signifiant qui se rapporte au printemps, tant au sens propre que par analogie. Plus spécialisé est le substantif printanisation, qui désigne le traitement effectué sur des graines de céréales au stade de la germination pour en accélérer l’évolution. Tombé en désuétude, et plutôt littéraire est le verbe intransitif printaner, signifiant retrouver la vigueur, la vivacité, l’éclat du printemps.

 

Moins faciles à repérer, quelques autres termes font référence au printemps. Ils émanent du latin plus classique ver (printemps, végétation du printemps). On trouve ainsi vernal, utilisé en début de chronique, un terme lié à l’astronomie, relatif à la position du soleil… au printemps. Vernalisation est lui synonyme de printanisation. Vernation, quant à lui, est un terme de botanique décrivant la préfoliation ou la préfloraison. On l’associe aussi à la mue des serpents au printemps. Encore moins reconnaissable est primevère, cette jolie fleur de printemps, du latin formaliste primum ver qu’on pourrait traduire par en premier au printemps. D’ailleurs, on ne s’étonnera pas alors que l’espagnol et l’italien aient recours à primavera pour nommer la saison printanière. L’ancien français primever, disparu au 16e siècle, s’appliquait à cette saison. Et l’anglais Spring évoque la source, le bondissement, le ressort, tous les trois convenant à cette saison.

 

Pour conclure, quelques brèves réflexions sur le thème du printemps. D’abord, un bien vieil adage qui nous met en garde « une hirondelle ne fait pas le printemps », nous enjoignant d’éviter les généralisations, à partir d’un seul élément de preuve. Pour Ronsard, « l’amour et les fleurs ne durent qu’un printemps ». De l’avis de Paul-Jean Toulet (poète et écrivain français à cheval sur les 19e et 20e siècles), « il y a des pluies de printemps délicieuses où le ciel a l’air de pleurer de joie ». Simone de Beauvoir déplore qu’il n’y ait « un seul printemps dans l’année, et dans la vie une seule jeunesse ». Un enfant anonyme aurait ingénument déclaré que « le printemps, c’est quand la neige fond et qu’elle repousse en gazon ».

 

Le printemps a inspiré musiciens et chanteurs depuis toujours. Vivaldi l’a célébré dans ses Quatre saisons, d’une vivacité fraîche et lumineuse. Chez nous, Félix Leclerc a composé un Hymne au printemps légendaire. Alors que Paul Piché se déclare « heureux d’un printemps qui (lui) tourne la tête ». Le printemps, annonciateur de renouveau, se profile bientôt à l’horizon. Accueillons-le à portes grandes ouvertes, il réchauffera, sans nul doute, corps et cœurs. Je vous donne rendez-vous le mois prochain.

 

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