L’exposition d’Angela Calle, Mémoire et fiction, se tiendra dans la salle multifonctionnelle de la bibliothèque du 18 septembre au 21 octobre. L’artiste peintre invite les spectateurs à faire partie de son processus de création à partir de leurs propres perceptions. Elle accueillera volontiers vos impressions lors du vernissage qui se tiendra le 18 septembre à 17 h.
Angela Calle regardait son frère peindre, depuis qu’elle était toute petite. Elle le regardait et se disait « c’est ça que je vais faire ». Cet intérêt ne l’a jamais quittée. Elle a commencé à suivre des cours d’art dès l’âge de douze ans. Diplômée en arts plastiques, en arts graphiques et en design d’intérieur, elle s’est aussi intéressée à la gravure, à la lithographie, à l’aquatinte et à la collagraphie. « Tout mon parcours est relié au dessin et à l’art », assure-t-elle.
Le réconfort par l’art
Migrante, Angela est arrivée au Québec en 1999. L’exil comporte ses défis. Lorsqu’elle avait besoin de réconfort, de courage pour aller de l’avant, c’est vers la nature et ses couleurs saisonnières qu’elle se tournait. Elle se dévoue à la peinture lorsque le temps le lui permet. Il y a eu des périodes de sa vie où elle a eu le bonheur de s’y consacrer à temps plein et d’autres où elle a dû faire des pauses. Actuellement, elle a un emploi à temps plein, néanmoins, elle consacre beaucoup de son temps libre à son art, les soirs et les fins de semaine. Elle a su trouver un bon équilibre. Son atelier, chez elle, diffuse une belle lumière. Elle s’y rend dès qu’elle peut pour y travailler.
La femme et la couleur
« La partie féminine m’a toujours touchée. » Angela a toujours été entourée de femmes, elles sont sa principale source d’inspiration. Elle les représente à travers leur quotidien, leurs activités, leurs droits et leur pouvoir. Dernièrement, elle s’est concentrée sur sa propre intériorité. « Je peins la femme dans sa solitude, mais c’est une solitude qui n’est pas triste. » Elle fouille sa mémoire. Elle y découvre une kyrielle de souvenirs. Qu’ils soient heureux ou malheureux, sa production ne laisse filtrer aucune morosité. « C’est avec la couleur que je leur donne de la beauté », s’épanche-t-elle. Angela s’est intéressée à la théorie des couleurs et de la composition dans les années 90. Mais la couleur n’a pris une place prédominante dans sa peinture qu’après son arrivée au Québec. C’est ici qu’elle a découvert avec enchantement la gamme des couleurs qu’arbore la nature en toutes saisons, en particulier durant nos flamboyants automnes.
Peinture
« Je travaille surtout les huiles. J’adore la finition! » Elle affectionne cette peinture qui lui permet de travailler les textures et le relief. Toutefois, explique-t-elle, tout dépend de la température. L’huile, en été, avec l’humidité, c’est difficile. Elle utilise donc aussi l’acrylique. Elle concède que c’est plus simple à travailler sans toutefois lui apporter la même satisfaction. Elle réussit à donner de la texture à ses toiles en utilisant des spatules. « Je pars d’une idée et je la transpose directement sur la toile. » Ses huiles comportent de nombreuses couches et demandent donc un temps de séchage entre chaque application. En général, elle amorce plusieurs toiles en alternance sans faire de croquis. Elle peut ensuite reprendre l’une ou l’autre et se souvenir sans effort comment elle projetait de les poursuivre.
Arts mixtes
Angela fréquente les arts mixtes. Pour ajouter de la matière à ses tableaux, elle insère à l’occasion de petits morceaux de fil dans ses œuvres bien qu’ils soient difficiles à voir à l’œil nu. Elle recourt aussi beaucoup aux feuilles d’or et aux feuilles d’argent, difficiles à manipuler sans qu’elles se désagrègent. Elle les pose en toute première étape sur sa toile. C’est le seul moment où elle dessine, afin de bien délimiter l’espace qu’occupera l’or ou l’argent. Elle les recouvre d’un vernis et d’une patine avant de commencer à peindre. Lorsqu’elle est plongée dans un monde de souvenirs, elle vieillit l’or et l’argent qu’elle insère dans ses tableaux. « Ça me rappelle beaucoup mon enfance à la campagne et les choses colorées, comme la vaisselle qui avait des dorures dans ce temps-là. »
Mémoire et fiction
Angela a choisi le titre Mémoire et fiction parce qu’elle pige dans sa mémoire les images qui lui servent de point de départ pour ses œuvres. Des images souvenirs de sa vie, des images qu’elle a observées au quotidien, des images qu’elle a enregistrées en visitant des expositions et des musées. Elle s’approprie ces souvenances capturées au fil du temps, pour les interpréter à travers son travail créatif.
Les photos sont de Angela Calle







