Général

Antoine Michel LeDoux

Journée mondiale pour la sauvegarde de la création
S’émerveiller « encore » de la Nature pour désirer la protéger




C’est par une belle fin de journée ensoleillée que, le 1er septembre, des participants se sont réunis au pavillon des Arts, boul. des Hauteurs, pour échanger, réfléchir et méditer sur le thème de l’émerveillement lors de la 3e édition de la Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création. Jean-Pierre Fabien, citoyen actif de Saint-Hippolyte, en était l’initiateur et l’animateur.

Cette journée interreligieuse à vocation œcuménique a été instituée en 1989 par le Patriarche de l’église orthodoxe de Constantinople Bartholomée et auquel l’Église catholique s’est associée par le pape François, le 6 août 2015. Moment de réflexion annuel, il a comme objectif de rappeler et de faire réfléchir sur la responsabilité de chacun devant la détérioration avancée de la planète.

Consommer plus que ce que la Terre peut produire
« Il n’est pas facile de réaliser dans notre société d’abondance et de consommation que, dès le début du mois d’août de chaque année, l’humanité dépasse l’équilibre de consommation de ce que notre planète Terre peut offrir en ressources pour une année », partageait l’un des participants. Ce Jour du dépassement comme le titrent les médias, veut nous signaler que nous sommes entrés dans une ère de surexploitation et de surconsommation des richesses de notre Maison commune, la Terre. Cela équivaut à vivre à crédit et à gruger le capital disponible en ressources de la création. Ce constat devrait chez tous, amener un sentiment d’urgence et de réflexion sur nos habitudes de vie.

Jean-Pierre Fabien, maître d’œuvre d’un cérémonial réflexif
Chroniqueur sur l’environnement dans le journal communautaire de Saint-Hippolyte, Le Sentier, Jean-Pierre Fabien est, cette année, le rédacteur de la chronique Veiller sur la création de la Revue des Missions des Franciscains du Bureau des Missions des Franciscains de la Province Saint-Joseph du Canada. Animateur de ce moment de réflexion, il a présenté à l’aide d’une gestuelle, les quatre éléments de la Terre disposés aux quatre points cardinaux : la lumière (la flamme d’une bougie), l’air (le vire-vent), l’eau (la cruche) et la terre (les plantes).
À l’aide de textes lus et de chants qu’il a interprétés (dont un qu’il a composé), il a invité les participants à réfléchir et à partager spontanément sur la symbolique qu’est, la naissance, la croissance, la durée et la reproduction de ces quatre éléments et la nécessité de trouver ou de retrouver en soi, une attitude d’émerveillement (thème de cette année) pour susciter un désir de leur préservation. Aux dires des participants de ce moment réflexif agréable et autour d’un partage d’un vin d’honneur, fruit symbolique de la Terre nourricière, un sentiment nouveau de fraternité semble être né.


ledoux@journal-le-sentier.ca

Photos et montage : Antoine Michel Ledoux




Monique Pariseau

Saint-Hippolyte à l’image de Réjean Ducharme



Le film Les Bons débarras, tourné dans notre village par le réalisateur Francis Mankiewicz en 1978 et scénarisé par Réjean Ducharme qui vient de nous quitter, est considéré comme l’un des meilleurs films tournés au Québec.

Ce sont les routes, les maisons de notre village ainsi que l’ancienne taverne Le Pigalle située alors au début du chemin des Hauteurs, qui servent de décor à ce film. Les Bons débarras raconte l’histoire d’une petite fille interprétée par Charlotte Laurier, alors âgée de 11 ans, qui refuse de partager sa mère, jouée par Marie Tifo. « Les Bons débarras, affirme Charlotte Laurier reste encore aujourd’hui le plus grand film dans lequel j’ai joué, et cette intensité, je l’ai toujours recherchée dans le jeu ». Le film débute par un travelling pris d’un avion sur les forêts, les lacs, les routes de notre village à l’automne. D’une beauté presque féérique, il est impossible de ne pas être estomaqué par le merveilleux de la région que nous habitons. Le tournage de ce film a eu lieu du 27 septembre au 12 novembre 1978.

Réjean Ducharme vient de nous quitter
Cet écrivain a marqué toute une génération de jeunes. Il nous a fait découvrir le plaisir de lire avec son premier roman L’Avalée des avalés. Solitaire et presque invisible, Ducharme n’en demeure pas moins l’un des plus grands écrivains du 20e siècle, non seulement au Québec mais dans plusieurs autres pays. C’est d’ailleurs en France, aux éditions Gallimard qu’il sera publié puisque son manuscrit avait été refusé au Québec.
Mankiewicz a eu le talent et le génie de nous offrir une image nouvelle tout en beauté et en saveur de notre village. Habitant le village de Prévost pendant plusieurs années, Réjean Ducharme connaissait Saint-Hippolyte et il n’est donc pas surprenant qu’il ait choisi notre village pour le tournage de ce film. Tant le réalisateur que le scénariste recherchaient pour ce film un décor encore sauvage, peu abimé par la civilisation. Telle était peut-être notre municipalité lors du tournage.


De nombreux prix
Le jury de l’industrie canadienne du film l’a d’ailleurs considéré comme faisant partie des dix meilleurs films canadiens jamais tournés au pays. Ce film a remporté de nombreux prix en 1981 : prix Génie du meilleur film et du meilleur réalisateur, du meilleur scénario attribué à Réjean Ducharme, de la meilleure actrice à Marie Tifo, de la meilleure actrice de soutien à Charlotte Laurier, de la meilleure photographie à Michel Brault et enfin celui des costumes à Diane Paquet.
Tous ces artistes ont su refléter la richesse, non seulement du texte de Ducharme, mais aussi celle de la nature qui nous entoure. Si Réjean Ducharme affirmait par le biais de ces personnages que « la vie ne se passait pas sur la terre, mais dans leur tête », il n’en demeure pas moins que tant le réalisateur que le scénariste nous ont offert au cinéma une vision nouvelle, quasi gothique, de l’endroit que nous habitons.


Des personnages toujours vivants
Réjean Ducharme nous a quittés. Nous perdons ainsi l’un des meilleurs écrivains du Québec, mais son œuvre qui a marqué tant de Québécois vivra toujours dans nos têtes et dans nos cœurs ! Comment oublier la petite Bérénice de L’Avalée des avalés? Comment oublier tous ces enfants de Ducharme qui refusaient de devenir adultes? En guise d’adieu à cet écrivain si secret, j’aimerais lui dire que ses personnages resteront toujours vivants en nous et que certains d’entre eux parcourront encore, pendant longtemps, les chemins de Saint-Hippolyte.

mpariseau@journal-le-sentier.ca

Photos : Courtoisie