ART
Manon Tawel

BABY-SITTER, du théâtre d’actualité !



Dans la série Théâtre, Diffusion En Scène présentait la pièce Baby-Sitter, le 25 octobre à la salle André-Prévost. Cette comédie particulière a su interpeller l’auditoire au sujet de la misogynie. Un sujet délicat rendu avec force par le jeu des comédiens.

L’auteure Catherine Léger, qui n’en est pas à ses premières écritures, aborde sans ambages la misogynie, un sujet bien médiatisé. La mise en scène est de Philippe Lambert. Dans la pièce, on fait connaissance avec Cédric (David Boutin) qui a fait une blague très sexiste à l’endroit d’une journaliste sportive reconnue. Il perd son emploi suite à cette plaisanterie de mauvais goût et qui, de surcroît, devient virale sur Internet.
Sa conjointe Nadine (Isabelle Brouillette), une nouvelle maman, est consciente qu’il a agi en idiot. Arrive ensuite Jean-Michel (Steve Laplante), journaliste et frère de Cédric, qui essaiera de convaincre ce dernier d’écrire un livre afin de rendre ses excuses publiques. La baby-sitter (Victoria Diamond) engagée par le couple viendra ébranler leur quotidien, de par ses actions et ses remarques.


Quand la comédie côtoie le drame
Compte tenu du contexte médiatique actuel, le sexisme et la misogynie dont il est question dans la pièce incitent les gens à se questionner de plus en plus. Le texte est direct, intrusif, parfois impudique. Le personnage de Nadine, femme incertaine au début de la pièce, prend de plus en plus d’assurance au contact de la charmante baby-sitter. Cette dernière lui démontre qu’elle peut puiser en elle toute la force nécessaire en adoptant une attitude plus masculine. À la fin de la pièce, c’est une Nadine nouvelle et portant une cape qui nous surprend en exhibant un dildo fixé à sa taille. Comme si mettre de l’avant l’intimité masculine rendait la féminité moins vulnérable…

La réflexion en conclusion
Quand le rideau tombe sur les acteurs, les mots sexisme et misogynie flottent dans l’air. Ce trait de caractère et cette attitude discriminatoire (respectivement) qui sont de plus en plus dénoncés, mais qui sont si présents encore aujourd’hui, ont avantage à être exploités par des auteurs tels que Catherine Léger. Avant de quitter, le public fut invité à échanger avec les comédiens et à donner ses impressions en rapport avec la pièce de théâtre. Une belle façon de tâter le pouls des spectateurs. Cette interaction a suscité l’intérêt de plusieurs personnes. Nul doute qu’avec Baby-Sitter, on passe du rire à la réflexion.

Pour info ou achat de billets, on visite : 450 432 0660 ou http://www.theatregillesvigneault.com/

mtawel@journal-le-sentier.ca

Photos: Jason Wasserman




Manon Tawel

Pour François Léveillée, Tout est chimique !


crpf

Le 20 octobre, la salle André-Prévost accueillait sur scène François Léveillée et son tout dernier spectacle intitulé Tout est chimique. Cet humoriste aux talents multiples tente de nous expliquer que dans la vie, quoi que l’on fasse, tout semble relié d’une façon ou d’une autre.

François a une âme d’artiste et endosse les métiers d’auteur, compositeur, interprète, guitariste, metteur en scène, comédien et écrivain depuis plus de 40. Pendant son spectacle, il nous mentionne qu’il a débuté comme chansonnier il y a 43 ans.
François a la soixantaine heureuse et à travers ses textes teintés d’humour, on sent qu’il sait bien analyser les hauts et les bas du quotidien. Très actuel dans ses propos, il rapporte des faits de façon parfois un peu directe, mais sans toutefois offusquer les spectateurs. La vie de couple, la famille, les mœurs, tout est matière à discussion avec cet alchimiste du rire !

Des chansons intemporelles
La deuxième partie du spectacle débute sur une habitude à forte tendance, selon l’humoriste : la procrastination. Avec divers exemples soulignés d’un esprit bien fantaisiste et teinté de vérité, il rejoint plusieurs d’entre nous.
S’accompagnant à la guitare ou au ukulélé, il nous interprète plusieurs de ses créations, ayant pour thèmes la vie, l’amour, la santé, les exercices… toujours dans un esprit de légèreté. François sait se rendre intéressant auprès du public. Il nous a aussi offert une chanson, accent prononcé à l’appui, qu’il a composé en hommage à Georges Brassens (poète français et auteur-compositeur-interprète né en 1921), pour qui il a une grande admiration.


Une fin réconfortante
Afin de clôturer sa prestation d’un « effet bœuf », François nous chante son populaire Rôti de palette, tiré de son album On est ben accommodant (2011). Avec dans ses bagages toutes ces années d’expérience scénique, cet artiste nous offre un spectacle plein d’assurance. Depuis plusieurs années, Nicolas Guimont à la guitare et Pascal Andrus à la contrebasse, sont fiers d’accompagner François pendant ses tournées. À la fin du spectacle, c’est avec une joie évidente que ce dernier rencontre le public pour échanger ou prendre des photos. François aime manifestement les gens et ceux-ci lui rendent bien. Par ses chansons et son humour, François Léveillée a su charmer son auditoire. À en juger par les visages ravis et la bonne humeur contagieuse, la chimie passe!

Pour info ou achat de billets, on visite : 450 432 0660 ou http://www.theatregillesvigneault.com/

mtawel@journal-le-sentier.ca

Photos: Courtoisie