Art

Colette St-Martin

Quand jouer dans le sable devient une passion


Ne demandez pas à Rachel Rocheleau et Mike Beaupré où ils vont en vacances. La réponse sera sans aucun doute « Là où il y a du sable! »

C’est un peu par hasard que leur tournée du Canada en moto les a menés aux Îles-de-la-Madeleine durant le concours amateur des Châteaux de sable, il y a maintenant plus de douze ans. Curieux et volontaires, ils se sont inscrits à l’activité pour le simple plaisir de participer. Bien que leur premier château se soit écroulé, leur passion était née. Depuis, ils ont participé chaque année à ce concours où ils ont notamment remporté le Premier prix et le prix Coup de cœur du public en 2017.


Jusque dans leur cour
Avec le temps, ils ont peaufiné leur technique, participé à des « classes de maîtres » et développé leur style. Ils ont participé à quatre concours cet été au Québec et en Ontario. Mais ils ne se privent pas du plaisir de « jouer dans le sable » en vacances ou lors d’un weekend. Citoyens de Saint-Hippolyte depuis 25 ans, ils ont même aménagé un carré de sable dans leur cour pour s’adonner à leur passe-temps sans avoir à se déplacer. Il faut dire que la discipline de sculpture sur sable compte plus de bagages qu’eux, surtout pour les compétitions. Sceaux, bacs, pelles et truelles de différents formats les accompagnent un peu partout.


De la créativité et de la minutie
« C’est une activité très complète, qui allie un volet créatif et artistique lors de la conception et un aspect très physique, surtout au début du projet où il faut pelleter le sable, ramener de l’eau et compacter. Elle nécessite aussi beaucoup de minutie pour la finition », explique le couple qui se complète bien autant dans la vie que dans le sable. Ils réalisent leur œuvre à deux, alors qu’il est souvent permis dans les concours amateurs d’avoir une équipe composée de cinq à sept personnes.

Casajam

Une passion qui se partage
Par nature, les œuvres de sable sont éphémères et doivent être complétées dans la même journée. « Il n’y a pas de tristesse lorsque l’eau engloutit notre œuvre. Au contraire, ça donne souvent lieu à des moments magiques », indique Mme Rocheleau en montrant la photo d’une de leurs œuvres encore intacte, même entourée d’eau. Leur passion provoque aussi des contacts avec les autres sculpteurs et avec le public. Généreux de nature, ils n’hésitent pas à donner des trucs aux personnes intéressées et particulièrement aux enfants, qui s’émerveillent devant leurs sculptures. Ils intègrent aussi les logos de l’endroit où ils logent, d’organismes liés à la thématique et de différents partenaires de l’événement en guise de remerciement.


Un prix Reconnaissance
C’est sans doute parce qu’ils partagent la même générosité et la même chaleur humaine que les Madelinots les ont en quelque sorte adoptés. En 2016, lors de la 30e édition du concours des Châteaux de sable, ils ont reçu un prix Reconnaissance, généralement décerné aux résidants des Îles. Rachel et Mike sont visiblement très fiers de cette reconnaissance qui enracine les liens qu’ils ont tissés là-bas. Leur nom d’équipe, Think big, est loin de l’arrogance et de la compétition féroce. C’est plutôt l’objectif de se surpasser qui les anime.


Du sable à la neige
Pour transposer leur passe-temps durant la saison froide, ils ont commencé à faire de la sculpture sur neige. Ils ont aussi quelques projets en tête pour partager leur passion. Bien que Saint-Hippolyte ne soit pas dotée de plages de sable à perte de vue, l’engouement pour la sculpture sur sable semble y être contagieux. Si Rachel Rocheleau et Mike Beaupré sont mordus de compétitions amateurs, ils partagent cette activité avec Mélineige Beauregard, également de Saint-Hippolyte, sculpteure professionnelle sur sable, neige et glace de renommée internationale. À voir leurs yeux qui s’illuminent en parlant de leur passion, leur enthousiasme devient communicatif et donne envie d’aller jouer dans le sable nous aussi.

c.st-martin@journal-le-sentier.ca

Photos: Mike Beaupré, Collette Saint-Martin.




Lyne Boulet

La troupe Poesia Dell'Arte : troquer la plume pour le costume !


Les Productions Les Deux Frères présentaient la pièce Le retour du Pierrot, le 26 août, à Saint-Jérôme. Les membres de la toute nouvelle troupe de théâtre Poesia Dell'Arte se risquaient vaillamment devant un public. Une vraie première!

Depuis cinq ans, Pierre et Jacques Mondou, des Productions Les Deux Frères, présentaient un spectacle multimédia extérieur à l’Antre du Poète, leur propriété sur le chemin du lac à l’Ours Sud (1). Ils y invitaient les auteurs qui se produisent à Poésie Académie (1) à un « micro ouvert ».
Mais, nous avouaient les frères Mondou l’an dernier (1), ils souhaitaient mettre sur pied un projet de poéserie où la poésie s’autoriserait à être plus libertine, entre le monde du spectacle et la poésie traditionnelle. Cette ambition s’est concrétisée sous la forme d’une pièce de théâtre.


Naissance du Retour du Pierrot
Tout a commencé en septembre 2016. Les textes ont été colligés, adaptés et composés par André Montpellier. La pièce écrite, il fallait la mettre en scène, « de la plume au costume ». Des poètes ont accepté de tenter l’aventure. Normand Pelletier a assuré la mise en scène, et Jacques Mondou, la direction artistique. Ainsi est né Le retour du Pierrot, une comédie poétique, romantique et satirique, inspirée de la Commedia Dell’Arte.

Apprentissage
Pour des poètes dont l’expérience sur scène consistait à lire leur texte avec un maximum d’éloquence, incarner un personnage et jouer les mots d’un autre représentaient un défi de taille. Mémoriser les textes, se déplacer naturellement sur scène, échanger avec ses partenaires : cela signifiait plusieurs nouvelles habiletés à apprivoiser et à assimiler. Les poètes-comédiens amateurs se sont investis à fond et ont consacré des centaines d’heures aux répétitions qui les ont menés à la première.

Choisir le risque
Pour leur coup d’essai, ils n’ont pas choisi la facilité! Car la pièce n’est pas linéaire et ne raconte pas qu’une seule histoire. Il y a deux trames qu’on suit en parallèle. Elles sont entrecoupées de monologues qui s’y invitent insolemment : un mot, une allusion, et les voilà qui monopolisent la scène et changent le rythme de la production. On mime, on danse. On explore de nombreux modes d’expression.
Et les mots s’y bousculent sous toutes leurs formes : recherchés, ampoulés, familiers. On reconnaît souvent, dans le phrasé des répliques, la marque du poète ou de l’écrivain. On y joue avec les mots sur un ton badin : « Il est dur de la feuille... mais il entend à rire ». On y permet de multiples digressions, car un mot d’une phrase ne peut-il pas nous emmener dans mille autres univers? « Un poète change un rhinocéros en licorne. Il change le lait en voie lactée », énonce-t-on dans la pièce. « La troupe s’appelle Poesia Dell'Arte rappelle Pierre Mondou. Son théâtre doit suinter la poésie ». Bref, une pièce courtepointe remplie de bonnes répliques, devant laquelle le spectateur doit rester bien alerte pour ne pas perdre le fil délicat qui les relie.


Une belle initiative
Cette initiative a donné une autre voix à des poètes. Elle leur a permis d’élargir leurs horizons. C’est une démarche qui leur a permis de repousser leurs limites. Un bel exemple d’exploration artistique qui fera peut-être des petits...

(1) Articles Au clair de la lune mon ami Pierrot et Mondou! http://www.journal-le-sentier.ca/ - Archives : 2016 SEP, p.7 lboulet@journal-le-ssentier.ca

Photos: Courtoisie




Lyne Boulet

Un joyeux duo d’artistes


La première est une céramiste hippolytoise bien connue dans la municipalité. La deuxième est une peintre adéloise d’art naïf animalier.

Francine Walker et Sylvie Leclair (1) nous convient à l’exposition Un univers enchanté aux couleurs de l’été à la salle multifonctionnelle de la bibliothèque jusqu’au 19 septembre.


Un grand sourire
Francine Walker avait façonné une série de 40 clowns en 2008 pour le 40e anniversaire de la ville de Blainville. Plusieurs ont quitté l’artiste pour aller vivre leurs vies. Elle en a donc créé de nouveaux pour repeupler cette série qu’elle expose dans des présentoirs en verre. On y retrouve des archétypes de métiers, d’activités et de traits de personnalité. Lorsqu’on les observe de près, on se rend compte de l’étonnante précision des détails. Par exemple, l’artiste ne s’est pas contenté de peindre des boutonnières sur les vestons de ses clowns, mais bien de les façonner dans la céramique. Les rapiéçages aux vêtements sont aussi modelés, et non pas seulement dessinés.

Avec dextérité, elle a également effectué un énorme travail sur la peinture de ses figurines. Vu leur petite taille, elle aurait pu se limiter à leur apposer des couleurs unies. Mais non ! Les clowns sont parés d’habits très colorés aux multiples détails, combinant carreautés, rayés, motifs à pois et autres figures géométriques. Le tout rendu avec une finesse d’exécution qui démontre son attachement à ses petits bonshommes.


On constate, par contre, que ses personnages n’ont ni yeux ni bouches. Les visages ne sont habités que du typique nez de clown rouge. Pourquoi donc alors cet intitulé de Un grand sourire? « J’éprouve une grande joie à façonner mes clowns un par un. Le côté drôle de la vie m’attire. Je vous invite donc à venir sourire avec moi », écrit Francine. On remarque en effet, avec plaisir, les petits clins d’œil joyeux que l’artiste a intégré à ses œuvres : un chien qui tient le boyau d’un pompier, un écureuil qui se prélasse sur le livre d’un bibliophile, etc.






Des animaux aux petits cœurs
Sylvie Leclair, graphiste de profession, nous offre des toiles à l’acrylique représentant des animaux. Elle les peint depuis 2011. « On me dit souvent que mes peintures sont idéales pour des chambres d’enfants, commente Sylvie. Mais pas seulement! Des adultes aussi m’en achètent pour décorer leurs salles de bain ou leurs cuisines ».

On peut les comprendre, car on est facilement séduit par ces animaux aux beaux grands yeux, qui dégagent candeur et bonheur. Et ces petites bêtes (pas si bêtes!), en solo, en couple ou en famille, sont toutes parées de petits cœurs qui représentent une partie du corps (le nombril, le nez, le bout des antennes, etc.) ou un élément décoratif. Les couleurs vives et complémentaires regorgent de gaieté et de joie de vivre. L’artiste a habilement mis en scène ses naïves créatures. Elle leur a aussi donné une texture qui leur ajoute du relief. Ses animaux habitent donc joyeusement les toiles.

Des commentaires éloquents
En consultant le livre des visiteurs, on se rend compte que cette exposition a su enjôler le public. À propos des clowns de Francine Walker, il est écrit « Tes clowns sont à ton image, généreux de plaisir, d’humanité et d’humour ». En ce qui concerne les animaux de Sylvie Leclair, on peut lire « Les animaux m’ont charmé! Ils sont festifs, empreints de fraîcheur. Leurs couleurs chatoyantes restent douces à la fois. Leurs yeux et leurs petits cœurs les rendent si touchants ».

(1) http://www.sylvieleclair.com
lboulet@journal-le-ssentier.ca

Photos: Courtoisie




Lyne Boulet

Nancy R Lange reçoit un 1er prix de critique littéraire


Matasiwin (1) signifie Vivre. C’est le titre du livre de Marie-Christine Bernard dont Nancy R. Lange fait la critique dans l’article qui lui a valu le premier prix de la chronique littéraire 2017. Ce concours de la Fondation lavalloise des lettres (FLL) était ouvert à tous les auteurs du Québec.

« J’ai écrit des chroniques littéraires pendant plus de sept ans dans le magazine Traces, indique Nancy R. Lange, poète-auteure lavalloise-hippolytoise. J’ai arrêté il y a plus d’un an. J’ai eu un coup de cœur lorsque j’ai lu le livre Matasiwin. Il traite d’un sujet important et il est admirablement écrit. Composer une dernière chronique littéraire pour la présenter au public me paraissait un bon moyen de boucler la boucle! »

Extrait
Le texte de Nancy commence ainsi. « Matisiwin : vivre. Imaginez qu’on vienne vous enlever vos enfants, tout jeunes encore, vous menaçant de vous couper vos moyens de survie et de vous emprisonner si vous n’obtempérez pas.
Imaginez qu’on les emmène au loin, là où vous ne pouvez les rejoindre, qu’on les éduque pendant des années à croire que votre langue, vos coutumes, vos croyances et tout ce qui était leur vie avec vous est péché, sale et honteux. Imaginez qu’on les oblige à s’habiller autrement, à adopter une religion qui n’est pas la leur, qu’on viole certains d’entre eux ou qu’on les laisse mourir, privés de soins médicaux adéquats pour les enterrer ensuite de façon anonyme.


Pendant plus de cent cinquante ans, jusqu’en 1996, telle fut l’histoire de beaucoup d’enfants autochtones du Canada dans les écoles résidentielles, une histoire qui resta sous silence jusqu’à ce que la Commission de vérité et de réconciliation du Canada, dans les dernières années, révèle l’épouvantable vérité.

Comment la personne qui émerge d’un tel cauchemar peut-elle arriver à retrouver sa dignité et, si elle a des enfants, leur transmettre un sens de la fierté, une identité saine ou même le simple désir de vivre, celui-ci ayant été brisé en elle dès le plus jeune âge? Deux générations plus tard, comment réapprendre à vivre et se libérer de ce terrible legs?

Voilà ce que l’auteure Marie-Christine Bernard nous convie à découvrir dans son roman Matisiwin, un livre nécessaire où nous suivons pas à pas son héroïne, Sara-Mikonic Ottawa, dans un périple qui est aussi une quête spirituelle : Moteskano, la longue marche en raquettes dans le chemin des Ancêtres, accompagnée d’un guide et de membres de sa communauté » (2)

Prix
Les juges ont souligné que Mme Lange avait réussi à mettre en valeur les qualités de cette œuvre littéraire et qu’elle avait traité le sujet avec empathie sans faire preuve de complaisance. Ils ont aussi noté son ouverture à la question autochtone, un sujet « ancré dans la réalité ». (3) Somme toute, le talent d’écrivain de Nancy R. Lange a brillamment mis en lumière cet ouvrage qui mérite l’attention, autant pour sa qualité littéraire que pour ce qu’il dévoile de notre histoire.

(1) Marie-Christine Bernard, Matisiwin, Montréal, Éditions Stanké, 2015
(2) texte complet disponible en ligne
(3) un des critères du concours


lboulet@journal-le-ssentier.ca

Photos: Courtoisie




Jocelyne Cassagnol

Une nouvelle saison prometteuse et époustouflante d’AMAL’GAMME


Le 31 août, Raoul Cyr, président du Conseil d’Administration de Diffusions Amal’Gamme a procédé au lancement officiel de la saison 2017-2018 à la salle Saint François -Xavier, à Prévost.

Dans une atmosphère conviviale, le dévoilement des concerts à venir a réjoui l’assistance. Germain Richer, maire de Prévost, tout comme Marcel Lauzon, président de la Caisse Desjardins de Saint-Jérôme, ont souligné que le succès d’Amal’Gamme est indubitablement relié à l’implication de tous. L’excellent travail du comité de sélection des spectacles ainsi que celui des bénévoles ont bien sûr été mentionnés.

Trois séries
Afin de satisfaire tous les amoureux de la musique, la saison présente des spectacles échelonnés de septembre à juin et regroupés en trois séries. On retrouve la série des Grands Classiques, la série Azimuts et Jazz/Pop et enfin la série Jeunes Virtuoses. Dans cette dernière, incluant le Concert bénéfice, on pourra entendre Stéphane Tétreault jouant sur un Stradivarius de 1707. Dans la série Azimuts, les auditeurs seront heureux de retrouver le compositeur Jean-François Bélanger et ses vielles suédoises.


Une prestation enlevante
Pour clôturer joliment ce lancement, rien de mieux que d’entendre le Duo Cordélia. Vanessa Marcoux au violon et Marie-Christine Poirier au piano. Elles nous ont donné un avant-goût très réussi de leur concert Terres éloignées du mois de février, nous faisant savourer d’ores et déjà la musique klezmer.

En septembre, jazz culte et musique classique
Le 16 septembre : musique jazz électrisante avec un ensemble de 10 musiciens L’air c’est jazz . Jessica Vigneault sera au vibraphone et au chant sur des airs du milieu du 20e siècle. Vous y entendrez le tromboniste Raoul Cyr, trois saxophonistes, deux trompettistes, un pianiste, un bassiste et un batteur, tous des Basses-Laurentides.
Le 30 septembre : Beethoven et Liszt, interprétés par un virtuose acclamé par la critique partout où il se produit. David Jalbert est parmi les 15 meilleurs pianistes canadiens, toutes époques confondues, dit-on. Alors, vous l’aurez compris, ce concert est à ne pas manquer.


http://www.diffusionsamalgamme.com/
4446cassanne@gmail.com

Photos: José Cassagnol